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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 17:23

Le frère de Gilad Shalit a fait du bruit pendant une cérémonie officielle, est ce si grave ? Depuis que Yoël Shalit, le frère du soldat otage du Hamas depuis cinq ans a essayé de se faire entendre pendant la cérémonie officielle de Yom Haatsmaout, la presse ne parle que de cet incident. Comme pour chaque événement qui se déroule dans ce pays, tout le monde a son avis, certains jugeant qu’il n’aurait pas du faire ça pendant une cérémonie si importante, d’autres justifiant son geste par le drame que la famille Shalit vit depuis cinq longues années.

Mon opinion est avant tout que la tempête médiatique autour de cet incident n’a pas lieu d’être. Yaakov Katz, le député du parti Ihoud Leoumi a déclaré que la famille Shalit n’a pas été élue pour diriger le pays et que le prix à payer pour la libération de leur fils est apparemment trop élevé. Cette opinion légitime que partagent beaucoup d’Israéliens n’enlève rien au fait que la famille Shalit peut manifester comme elle l’entend une opinion contraire et exiger du Premier ministre qu’il accepte les conditions du Hamas pour retrouver leur fils et frère.

Pour Guidon Lévy dans Haaretz, Yoël Shalit a déchiré « le masque de l’hypocrisie des discours officiels qui parlent de son frère sans que la situation n’évolue ». « A Bâle, Herzl a créé l’Etat d’Israël, au Mont Herzl, Yoël Shalit a créé la contestation véritable », conclut le journaliste, qui n’a jamais craint d’en faire trop, et qui appelle à la libération immédiate des prisonniers palestiniens pour permettre celle de Gilad Shalit.

Je me refuse de juger la famille Shalit et je me demande parfois comment je réagirais si je vivais la même situation. Comment juger l’acte d’un jeune homme dont le frère envoyé par l’Etat d’Israël en mission n’est toujours pas revenu cinq ans plus tard alors qu’on sait le prix à payer pour le revoir ? Mais le débat depuis lundi soir n’est pas sur le prix à payer pour revoir Gilad Shalit mais sur ce que son frère a fait. Yoël Shalit a tenté maladroitement de se faire entendre, de dire qu’il ne voulait pas que Gilad se rajoute à la liste des soldats tombés pour Israël alors qu’il est encore en vie.

Mon cœur va vers la famille Shalit et je trouve que condamner l’acte de Yoël est pathétique. Il ne s’agit que d’avoir troublé une minute l’ordre d’une cérémonie officielle, comment comparer cet acte au fait que l’Etat d’Israël depuis 5 ans a échoué dans sa mission, celle de libérer Gilad Shalit des griffes du Hamas ?

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 22:38

Quand on cherche des circonstances atténuantes aux assassins, je suis indigné, pas vous ?

 

Un groupe de hassidim de Breslev se rend dans la nuit sur la tombe de Yossef à Shekhem (Naplouse) et se font tirer dessus par un policier palestinien, qui tue un des membres du groupe et en blesse cinq autres.

Avant même qu’il soit enterré, la presse avait déjà trouvé le coupable : la victime qui s’était rendu sans autorisation sur le site.

Certes, l’armée israélienne ne permet les pèlerinages sur la tombe de Yossef qu’une fois par mois et ceux qui s’y rendent la nuit en contournant les barrages prennent des risques mais il n’en reste pas moins qu’un jeune homme de 24 ans a été tué car il voulait prier sur un lieu saint juif situé en territoire palestinien.

Quelques semaines plus tôt, l’acteur israélo-palestinien Juliano Mer-Khemis a été tué à Djénine par des inconnus.

Cette fois, la presse a expliqué qu’il avait été tué surement à cause des pièces de théâtre qu’il avait dirigé en faisant jouer des garçons et des filles sur la même scène.

La famille Fogel, elle avait commis le crime de vivre à Itamar, dans une colonie entourée de villages palestiniens hostiles.

Au lieu de condamner les assassins, on cherche à faire porter la responsabilité de ces meurtres sur les victimes. 

Oudi et Routy Fogel voulaient vivre sur leur terre et élever leurs enfants dans l’amour de la Torah, Ben-Yossef Livnat voulait prier sur un lieu saint et Juliano Mer-Khemis voulait permettre aux enfants de Djénine de jouer sur une scène de théâtre.

Aucun d’eux n’avait commis de crime méritant la peine de mort.

On peut penser que les juifs n’ont pas le droit de vivre en Samarie, qu’il faut une autorisation pour se rendre sur la tombe de Yossef et que Juliano Mer-Khemis prenait des risques en voulant faire du théâtre dans un camp de réfugiés palestiniens mais toute personne sensée doit condamner ces meurtres sans ambages.

La réconciliation annoncée entre le Fatah, qui prône officiellement la paix avec Israël et le Hamas qui appelle à la destruction de l’Etat hébreu devrait inquiéter les partisans de la démocratie dans le monde mais qui est responsable de cette union, selon la presse mondiale ? Israël qui n’a pas permis assez vite la création d’un Etat palestinien.

Une fois de plus, si des antisémites veulent détruire l’Etat Israël, c’est surement de notre faute.

L’Etat d’Israël va marquer ce lundi le souvenir des 6 millions de juifs tués par la barbarie nazie, c’est le moment de se rappeler que chaque jour dans le monde, des innocents sont victimes de la haine, du racisme et de la folie des hommes.

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 18:48

Il regardait sa maison détruite pour la cinquième fois par les autorités de son pays sous prétexte d'illégalité et ne comprenait pas...

 

Quand je l'ai rencontré, il était en colère mais affirmait continuer d'aimer son pays. Il m'a affirmé « c'est ma terre et je ne vais pas baisser les bras ». Il a parlé de reconstruire encore et encore.

Sa femme, la tête couverte d'un foulard, acquiesçait du regard, tout en montrant les ruines de son mobile-home détruit la veille.

Depuis dix ans, j'ai couvert plus d'une fois ce genre de scène, de familles contemplant des ruines de ce qui était leur maison la veille.

Je l'ai fait dans toute la Judée-Samarie (Cisjordanie) pour des familles juives qui avaient construit des maisons sans autorisations des autorités mais la semaine dernière, la scène que j'ai vécue se déroulait dans le Néguev et mes interlocuteurs étaient bédouins.

Alors que plusieurs centaines de maisons juives sont menacées de destruction en Judée-Samarie, on estime à 64.000 le nombre de logements de bédouins illégaux ou non-reconnus selon la formule des autorités.

Les bédouins du Néguev qui sont plus de 200.000 vivent pour la moitié dans des villes reconnues par l'Etat d'Israël, tandis que l'autre moitié refusant de rejoindre les cités construites depuis 40 ans pour les accueillir continuent de vivre sur des terres domaniales dont ils réclament la propriété.

J'ai visité Rahat, la principale ville bédouine du pays, ses quartiers pauvres (ils le sont tous..) et ses bidonvilles dans lesquels s'entassent des familles entières, dans des conditions difficiles à imaginer.

J'ai rencontré son maire, un ancien éducateur qui m'a confié les problèmes de sa ville et ne m'a pas caché les difficultés pour ses services d'affronter la violence quotidienne, la paupérisation grandissante et le sentiment de discrimination de la part des autorités israéliennes.

Le lendemain, j'ai survolé le Neguev avec Meir, le patron de l'association Regavim qui lutte pour que l'Etat d'Israël conserve son autorité sur cette région et pour empêcher la poursuite des constructions illégales.

Il m'a parlé des problèmes de la société bédouine, notamment de la faiblesse de son leadership, du rapprochement avec l'Autorité palestinienne, de la violence dans la région (y compris des jets de pierres sur des véhicules israéliens), de la baisse du nombre de jeunes bédouins s'enrôlant à Tsahal, de la polygamie et aussi de la discrimination criante des autorités israéliennes envers ce secteur de la population.

Le « Jour de la terre », des centaines de bédouins s'étaient réunis à Al-Arakib, un village non-reconnu qui a été détruit 21 fois par la police israélienne, pour protester contre la politique du gouvernement. Accompagné d'un bédouin, ancien réserviste de Tsahal, j'ai visité les ruines de ce village et rencontré ses habitants. Pendant la manifestation, des discours violemment anti-israéliens ont été prononcés et des drapeaux palestiniens flottaient au vent.

«Ces drapeaux ne me plaisent pas, je suis israélien et je veux juste avoir les même droits que toi sur cette terre où je suis né », me confie discrètement Khalil, un bédouin vivant lui aussi dans un village non-reconnu.

Après quatre jours dans le Néguev, je suis arrivé à une seule conclusion partagée par tous mes interlocuteurs, juifs et bédouins, l'Etat d'Israël est face à un véritable défi, celui d’intégrer ses citoyens bédouins, sans perdre le contrôle d’une région, qui représente deux tiers du pays.

 

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 01:43

Mon dernier post a provoqué de nombreuses réactions que je peux comprendre, vu le sujet évoqué mais ces commentaires méritent qu’on s’y arrête un moment

 

J’ai reçu trois sortes de réactions, les insultes qui sont parfois tellement vulgaires que leurs auteurs ont réussi à me surprendre.

Florilège : « juif de service », « pauvre égaré », « fils d’Enderlin » (je l’aime bien celle-là), « pauvre con » (un copain de Sarko sans doute), « traitre », « collabo », « triste individu », « infantile » etc, je m’arrête là mais il y en a tellement…

-La seconde catégorie est celle des critiques constructives, que je lis avec attention.

Parmi les plus intéressantes, une seule personne a noté que j’ai fait deux lapsus : j’ai écrit que Le Monde est « impartial » au lieu de « partial » et j’ai tapé la lette m au lieu de l (elles sont voisines sur mon clavier) quand j’ai parlé de la presse française (j’ai donc écrit « ma presse française »), apparemment aucun psy ne fait partie des lecteurs de mon blog, ce qui est en soi une bonne nouvelle…

Enfin, la troisième catégorie est celle des gens qui m’ont soutenu, approuvé et défendu.

Je déplore néanmoins que dans cette catégorie, on trouve plus de gens qui m’ont envoyé des mails privés que des gens qui ont affiché leurs opinions sur Facebook ou sur le blog.

Dois-je en déduire que trop de gens ont peur de se faire insulter à leur tour sur la toile ?

Je tenais à préciser quelques points sur ce texte :

-je ne suis pas à la solde de la presse française, pour laquelle je travaille depuis des années, essayant de lutter contre la désinformation et la tendance à la pensée unique parmi ses membres

-j’ai beaucoup de respect pour les correspondants en Israël, qui couvrent ce pays, risquant autant leur vie que les Israéliens et Palestiniens, en se rendant dans les zones dangereuses, en envoyant leurs enfants dans les même bus que les citoyens de ce pays et qui vivent au même rythme que nous (nous, c’est les Israéliens pas les sionistes parisiens qui m’insultent…) 

-les réactions de soutien provenant de mes amis marqués à droite où vivant (comme moi d’ailleurs) en Judée-Samarie m’ont prouvé que je n’avais pas tort, une partie de la communauté est parano… 

-Le bureau de l’Agence France Presse à Jérusalem emploie une dizaine d’Israéliens qui pensent différemment les uns des autres, tant sur le plan politique que religieux, mais qui sont tous conscients d’être des journalistes professionnels et font leur travail du mieux possible.

Les journalistes font parfois des erreurs, y compris à l’AFP (l’exemple de la mention du bus de Maalé Adoumim en est une) mais qui félicite ce bureau pour avoir couvert depuis des années, toute l’actualité israélienne en envoyant ses journalistes et photographes sur tous les terrains, au mépris du danger ?

Combien parmi mes détracteurs ont envoyé plusieurs dépêches par jour du Gush Katif pendant l’été 2005, quand je vivais sur place ?

Combien ont vécu deux semaines dans le nord du pays en 2006 pour raconter les souffrances des Israéliens bombardés depuis le Liban ? Et combien ont passé des nuits entières à la frontière de la bande de Gaza, à Sderot, à Itamar, à Beit Haggaï et ailleurs ?

Alors, oui, je m’autorise à vous le dire du haut de ma petite expérience de journaliste, il est temps de vous calmer…  

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 13:58

La presse française est la cible d’attaques de sites et journaux juifs qui sont convaincus que « tout le monde est contre nous ».

Analyse de la crise de parano qui secoue une partie de la communauté

 

Sur le site Parole volée, Pat Quartier publie un article dénonçant le journal Le Monde l’accusant d’impartialité envers Israël.

Si on peut parfois lire dans ce journal des éditoriaux qui soutiennent des positions qu’on peut difficilement qualifier de pro-israéliennes,  j’ai du mal à comprendre ce que Pat Quartier reproche à l’article sur l’attentat de Jérusalem.

Le titre sur l’attentat met « des dizaines de blessés » entre guillemets, ce qui est la règle de la presse quand on cite quelqu’un, ici en l’occurrence la police israélienne.

Pour Parole volée, ces guillemets sont ambigües, je ne vois pas pourquoi.

L’emploi du terme « Ville sainte » pour Jérusalem a choqué également, alors que ce terme est employé par la presse depuis des décennies, Pat Qaurtier aurait surement préféré lire « capitale d’Israël », bien que la communauté internationale ne l’ait toujours pas reconnu.

Il s’agit juste de ne pas répéter Jérusalem dans le même texte, procédé classique utilisé par tous les journaux du monde même en hébreu.

Les mots « selon » et « qualifié par la police » ont également énervé notre éditorialiste qui voudrait que l’attentat soit reconnu comme tel par un journaliste à Paris et pas par les autorités israéliennes. Depuis quand le mot « selon » est ambigu ?

Le Monde évoque le cycle de la violence rappelant la mort de trois enfants tués par un tank israélien, cette information est reprise par Parole volée suivie entre parenthèses du mot sic, pourquoi ? Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a déploré la mort accidentelle des enfants palestiniens, que signifie ce sic ? Qu’ils ne sont pas morts ? Qu’ils méritaient d’être tués ? Qu’ils n’étaient pas des enfants ?

Encore une critique, celle de la mention du bus qui se dirigeait « vers la colonie juive de Maalé Adoumim », la personne qui a écrit cette phrase ne pensait pas que la destination du bus autorisait à y mettre une bombe mais a juste repris l’info donnée dans les premières minutes par la radio israélienne que « le bus touché se dirigeait vers Maalé Adoumim ».

L’ajout du terme « colonie » dérange surement mais personne n’a encore trouvé un terme meilleur pour désigner les localités juives situées en Cisjordanie et toujours en violation de la loi internationale.

Finalement, une heure plus tard, l’erreur a été corrigée et le bus touché a été identifié comme se dirigeant « vers un quartier religieux de Jérusalem » (Har Nof) sans même mentionner qu’il venait de « la colonie de Har Homa »…

L’horrible attentat d’Itamar n’a pas fait la une de la presse française, car le même jour, le Japon a subi un tremblement de terre et un tsunami, pas parce que la presse jugeait que tuer une famille dans son sommeil n’avait pas d’importance. Et je rappelle que si les chaînes de TV n’en ont pas parlé, ce qui est inadmissible, la presse écrite et notamment l’AFP qui a publié 13 dépêches sur cet attentat, a couvert cette tragédie.    

Le jour de l’attentat à Jérusalem, cet événement a fait tous les titres des médias du monde entier, preuve s’il en est qu’Israël continue d’intéresser le monde entier.

La presse israélienne publie-t-elle en première page les massacres d’enfants en Afrique ? Vous reprochez à ma presse française le manque de couverture du conflit israélo-palestinien qui en général fait la une de tous les médias ?

Et pourquoi on n’entend pas votre voix sur ce qui se passe ailleurs dans le monde ?

Quand l’AFP publie une dépêche sur le Hamas, citant certains de ses responsables, Michel Garroté sur le site Drzz.info qualifie l’agence de porte-parole du Hamas, dois je en déduire que l’article sur l’attentat de Jérusalem citant la police israélienne est la preuve que l’AFP est porte-parole des autorités israéliennes ?

Guy Millières qualifie de son coté la presse française de complice du meurtre d’Itamar, reprochant aux journalistes de ne pas présenter les victimes comme telles mais comme des colons.

Aucun journaliste n’est resté insensible au drame de la famille Fogel mais le terme de colon est celui employé pour désigner les habitants de ces territoires considérés comme palestiniens par la communauté internationale.

Je déplore le fait qu’Israël en 43 ans n’ait toujours pas pris de décision sur l’avenir de ces territoires mais je ne comprends pas en quoi la presse française est complice de ce meurtre.  

Ce qu’il faudrait c’est que les auteurs de ces blogs commencent à apprendre les règles du journalisme qui leur sont inconnues.

Je les invite à lire les dépêches sur les attentats en Irak et les manifestations violentes dans les pays arabes et me dire si il n’y a pas de guillemets pour le bilan des victimes, les termes de « selon » et « la police qualifie » pour décrire ce qui s’est passé et l’absence de toute empathie envers les victimes comme c’est le cas pour l’attentat de Jérusalem.  

Un dernier mot pour le porte-parole de l’ambassade d’Israël en France, Yaron Gamburg qui demande à l’AFP de vérifier ses sources avant de donner une information mais qui ne dit pas dans une vidéo qui circule sur la toile qu’il a parlé au chef du bureau de l’AFP de Jérusalem, qui lui a expliqué l’erreur reprise par le bureau d’une information diffusée par Galei Tsahal.

Sur Facebook, j’ai lu aussi des commentaires sur ma personne de la part de gens qui espèrent que, je cite, « il n’oubliera pas qui il est ».

A mes amis qui pensent que j’ai « un pied dans le camp ennemi », qu’ils se rassurent, je vis très bien ma situation de journaliste juif et sioniste travaillant pour les médias non-juifs.

Je suis fier de mon travail, je suis convaincu d’avoir plus lutté contre la désinformation et pour la défense de mon pays que tous ceux qui m’attaquent et qui n’ont que des discours racistes et haineux à offrir pour défendre Israël.

Vous parlez de pensée unique dans la presse française, il est temps de vous remettre en question.

A bon entendeur, salut !

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 21:41

Pourim est l’occasion de porter un masque et de déguiser sa véritable identité.

L’attentat d’Itamar aura été pour certains l’occasion de porter un masque et pour d’autres de le retirer.

 

Quelques heures après la sortie du shabat, alors que je sortais d’Itamar, j’ai rencontré des dizaines de jeunes juifs cagoulés, camouflant leurs visages, pour aller jeter des pierres dans les villages palestiniens voisins, dérisoire et pathétique forme de vengeance.

Jeudi, des jeunes juifs toujours cagoulés ont agressé des ouvriers palestiniens à l’intérieur de l’implantation de Shilo et blessant légèrement un juif qui tentait de les protéger.

Face aux ennemis d’Israël, je préfère le message du Rav Ben Ichay, rempli d’amour et de dignité que ceux qui cachés derrière des cagoules et des slogans racistes tentent de défendre à leur manière l’honneur du peuple juif. 

Lutter contre nos ennemis, c’est savoir déchirer leurs masques pour dévoiler leur véritable identité.

Quand le monde s’indigne de champs brulés et de voitures détruites au nom du respect des droits de l’homme, je me demande comment expliquer le silence d’une grande partie de la presse occidentale face au meurtre abject d’un couple et de trois de leurs enfants, égorgés dans leur sommeil.

Amis des droits de l’homme, il est temps de retirer vos masques et de montrer votre véritable visage, celui de la haine d’Israël et des valeurs juives.

Quand le jour de l’enterrement de la famille Fogel, l’Autorité palestinienne après avoir vivement condamné ce crime inaugure une place à Ramallah à la mémoire d’une terroriste, responsable de la mort de dizaines d’enfants juifs, comment peut-on encore croire à la sincérité de leurs condamnations ?

Par ailleurs, j’ai eu cette semaine la chance de voir d’autres personnes retirer leurs masques.

L’association des Rabbins pour les droits de l’homme, qui apporte tout au long de l’année son aide aux Palestiniens dans la défense de leurs droits a condamné sans ambigüité aucune le meurtre d’Itamar.

« Le premier des droits de l’homme est celui du droit à la vie bafoué par ce crime monstrueux », était-il écrit dans un communiqué de Rabbis for Human Rights.

Les autorités françaises sont souvent la cible des critiques de la communauté juive francophone d’Israël et pourtant cette semaine, j’ai vu le Consul général de France de Jérusalem, Frédéric Desagneaux aux obsèques de la famille Fogel et l’ambassadeur de France, Christophe Bigot au domicile du rabbin Ben Ichay, le lendemain de l’enterrement.

Ce même ambassadeur acceptant de répondre aux questions des journalistes et versant des larmes sincères sans pouvoir se contrôler, bouleversé par cet événement.

Ce n’est pas courant de voir un diplomate de ce niveau fondre en larmes mais si j’en parle, c’est parce que ce qui l’a ému, au-delà de l’horreur du crime, c’est la dignité et le courage de la famille Ben Ichay.

Qui peut rester insensible à un tel discours ? Celui de l’amour, celui du respect du prochain, celui des valeurs morales, celui qui au fond de son immense douleur trouve encore le moyen de voir la lumière de l’unité du peuple juif.

Quand le mois d’Adar commence, on multiplie la joie, dit le proverbe, et je me demande comment est-ce possible de se réjouir cette année ?

Le mois d’Adar a été le théâtre de nombreux drames depuis des années : un attentat suicide à Tel Aviv, le massacre de musulmans en prière à Hébron par Baroukh Goldstein et l’attaque palestinienne contre la Yechiva de Mercaz Harav, entre autres.

C’est pour cela que la phrase sur le mois d’Adar ne doit pas être comprise comme une constatation mais comme une obligation.

Face aux drames, on doit garder l’espoir comme ce fut le cas à l’époque de la reine Esther, l’espoir de voir la fin de nos souffrances et la paix entre les peuples.

Pourim Sameah !

     

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 21:45

Le quotidien Haaretz a consacré sa une de dimanche matin au drame que vit le Japon, renvoyant en page 6 pour évoquer le massacre d’une famille israélienne à Itamar.

 

Comment un journal israélien peut à ce point manquer de sensibilité envers ses compatriotes ?

Un couple juif et trois de leurs enfants sont tués dans leur sommeil par un terroriste palestinien et ça ne mérite pas la une ?

Il ya quelques mois, une famille russe a été tuée sauvagement à Rishon Letzion provoquant des réactions horrifiées de tout le pays et faisant évidemment la une d’Haaretz.

Pourquoi quand il s’agit d’habitants d’Itamar, Haaretz n’en fait pas sa une ?

La petite Hadass Fogel, trois mois, méritait surement d’être égorgée avec ses parents puisqu’elle avait commis le crime de naître dans une implantation illégale aux yeux de la communauté internationale et des rédacteurs d’Haaretz.

Pour comprendre ce qui se passe dans la tête des journalistes d’Haaretz, il faut lire un article de l’édition de shabat qui s’indigne d’un programme éducatif subventionné par le ministère de l’Education.

En page 10, sous le titre « Endoctrinement religieux à la place d’une excursion israélienne », le journal dénonce le programme Massa Israeli, qui depuis cinq ans a permis à plus de 60 mille élèves des écoles secondaires de partir quelques jours à la rencontre de leur pays et des valeurs sionistes.

Extraits : « Un des animateurs du programme a affirmé que nous n’avions pas d’autre pays, lors d’une visite au cimetière militaire du mont Herzl »

« Les animateurs ont parlé de la terre d’Israël insistant sur le fait que le meilleur moyen de vivre son judaïsme est de vivre en Israël »

« On parle des soldats en les présentant comme des héros, sans parler de valeurs humanistes » et la perle venue d’une participante au programme, comme toutes les citations précédentes : « Une animatrice mettait tous les jours une cassette avec la chanson « Nous n’avons pas d’autre terre (Ein Li Eretz Acheret) » et au bout de quelques jours, on chantait ce titre de manière automatique… ».

On comprend avec ces brefs extraits à quel point la situation est grave, non ?

On essaie de faire croire aux enfants israéliens qu’être patriote, aimer son pays, vouloir le défendre est une bonne chose ! Quel scandale !

On devrait vraiment interdire cet endoctrinement fanatique et leur enseigner que nous sommes sur cette terre par hasard mais que dès que notre gouvernement le comprendra, nous rendrons cette terre à leurs propriétaires légitimes…

Quand la perte des valeurs sionistes est si importante, pourquoi s’étonner que le massacre d’Itamar n’occupe qu’une place secondaire dans le journal des gens qui pensent 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 18:27

La destruction par la police de trois structures illégales dans une implantation de Samarie a provoqué des réactions délirantes de l’extrême droite israélienne.

 

Dans la nuit de dimanche à lundi, des centaines de policiers et de garde-frontières israéliens sont venus à Havat Guilad, une implantation en Samarie pour y détruire trois structures destinées à devenir des maisons.

Face aux forces de l’ordre, les habitants de Havat Guilad, ont tenté d’empêcher ces destructions et la police a réagi fermement, blessant légèrement cinq personnes et en arrêtant huit autres.

Parmi les réactions les plus amusantes, cette comparaison avec le dictateur libyen m’a frappé.

Le mouvement des Femmes en vert a publié un communiqué rappelant au Premier ministre « le sort des dirigeants qui tirent sur leur propre peuple »

De son coté, le porte-parole de Havat Guilad, Yehouda Shimon a qualifié l’incident « d’attaque semblable à celle du Marmara ».

Faut-il rappeler que sur le Marmara, ce bateau turc qui tentait de briser le blocus israélien à Gaza, neuf hommes ont trouvé la mort ?

Que Khadafi a donné l’ordre de tirer à balles réelles sur la population libyenne, tandis que les policiers israéliens ont utilisé les moyens habituels pour disperser une manifestation violente ? Tous les vendredis, des balles en caoutchouc sont tirées sur les manifestants pro-palestiniens contre la construction de la barrière de sécurité à Bilin, sans que les mouvements de droite protestent.

Les balles en caoutchouc peuvent en effet blesser, en tout cas autant que les pierres jetées sur les forces de l’ordre et les couteaux utilisés pour crever les pneus des véhicules de la police par les jeunes de Havat Guilad.

Les habitants de Havat Guilad ne respectent pas la loi israélienne et cela depuis des années, pourquoi auraient-ils droit à des privilèges particuliers ?

La perle du jour revient comme souvent au député Yaakov Katz (Katzele) qui a affirmé que les événements de Havat Guilad montraient que « Netanyahou avait choisit d’affronter les 350 mille habitants juifs de Judée-Samarie ».

J’ai une mauvaise nouvelle pour Katzele, l’immense majorité des habitants de cette région sont respectueux des lois de ce pays.

Ils sont peut être en infraction au regard de la loi internationale mais ils ne construisent pas de maisons sans autorisations, ils ne jettent pas de pierres sur les policiers venus faire respecter la loi et ne s’intéressent absolument pas à ce qui se passe à Havat Guilad.

Cette tentative pathétique de Katzele de se faire le porte-parole d’une population entière qui rejette ses idées extrêmes ne marchera pas car ni les agriculteurs de la vallée du Jourdain, ni les haredim de Beitar Ilit, ni les habitants du Gush Etzion ne voteront jamais pour Katzele et ses amis kahanistes.

D’ailleurs, je me demande même si à Beit El ou il réside, la majorité des habitants vote pour lui.    

 

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:11

Bon titre pour un article à sensation, non ?

C’est ce qui est arrivé ce mercredi en Israël avec la publication dans la presse d’une lettre de soutien à Moché Katzav, signée par des rabbins, parmi les plus importants du sionisme religieux.

 

Les rabbins Shlomo Aviner, Tzvi Tau et Moché Hager, pour ne citer que les plus connus, ont envoyé une lettre à l’ancien président de l’Etat pour lui exprimer leur soutien et l’espoir que « la vérité voit le jour ».

En tant que journaliste, j’ai suivi le procès Katzav, j’ai lu le verdict de la Cour, j’ai même rencontré certaines de ses victimes, il n’y a pas de place pour le moindre doute, l’ancien président israélien est un criminel.

Comment des rabbins peuvent le soutenir ? Il ne s‘agit pas de simples rabbins mais de personnalités de haut niveau et dont l’influence est immense.

Si ils ont des preuves de l’innocence de Katzav, pourquoi ne pas présenter ces éléments à la justice ?

Comment expliquer ce soutien inattendu de vénérés rabbins à un criminel sexuel ?

Chaque année, des milliers de femmes et jeunes filles sont victimes d’harcèlement sexuel, d’actes indécents et parfois de viols dans ce pays.

Le monde religieux n’est pas en reste et même des rabbins ont été reconnus coupables de crimes sexuels mais je ne me souviens pas qu’un violeur condamné par la justice ait été soutenu publiquement par des autorités rabbiniques.

La morale la plus élémentaire veut que chacun se tienne aux cotés des victimes pas de leurs bourreaux.

On peut avoir de la sympathie pour un criminel, qui paie ses fautes mais Katzav continue de clamer son innocence après avoir menti, menacé, insulté…

Pour le Rav Cherlo, l’un des rabbins les plus influents en Israël, la Torah est du coté des victimes et il faut renforcer le système judicaire qui a condamné Katzav après avoir longuement étudié le dossier.

Ces derniers mois, j’ai souvent critiqué des rabbins sur mon blog, ceux qui publiaient des lettres au contenu raciste, ceux qui refusent de se rendre à la police se jugeant au dessus des lois, ceux qui préfèrent aller en prison plutôt que d’autoriser leurs enfants à étudier avec des séfarades et ceux qui veulent annuler les conversions des soldats faites pendant leur service militaire.

Dans tous ces cas, j’ai contesté leur idéologie différente de celle d’autres rabbins dont l’avis me paraissait plus juste mais il s’agissait de débats d’idées.

Comment comprendre la position des rabbins qui soutiennent Katzav ?

Si quelqu’un peut m’apporter des éléments de réponses, je lui  serai reconnaissant…

 

 

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 13:01

On me demande souvent si je suis de gauche ou de droite.

Deux événements récents m’ont indigné et vont me créer des ennemis à droite et à gauche.

 

Le Centre Culturel Français Romain Gary de Jérusalem a organisé récemment une soirée à la Cinémathèque pour la présentation d’un documentaire consacré aux dangers du fondamentalisme religieux.

Le CCF Romain Gary est l’un des acteurs principaux du développement de la culture française à Jérusalem et il faut saluer son directeur, Olivier Debray qui depuis son arrivée à Jérusalem a offert aux francophones de nombreuses activités de haut niveau.

Pour animer le débat autour du documentaire, le CCF a invité trois personnes, le père David Neuhaus, du patriarcat latin de Jérusalem qui est responsable des catholiques de langue hébraïque en Terre sainte, Huda al Imam, une palestinienne, directrice d’un centre d’études sur la Ville sainte, qui lutte pour l’identité arabe de Jérusalem et Michel Warchawski, un militant d’extrême gauche antisioniste.

Comment peut-on sans sourciller inviter un tel panel si peu équilibré pour parler du fondamentalisme religieux ?

Pourquoi ne pas inviter un rabbin ? Pourquoi ne pas inviter un extrémiste de droite pour équilibrer le débat ?

Je suis en faveur du dialogue et j’aurai trouvé passionnant un débat entre Huda al Imam et un des dirigeants des associations pour la judaïsation de la Ville sainte, ou un débat entre le père Neuhaus et un rabbin marqué à droite et même une rencontre entre Michel Warchawski et un militant d’extrême droite.

Le public francophone de Jérusalem a le droit d’entendre d’autres voix que celles qui dénigrent Israël et fustigent en permanence sa politique, notamment sur la question de Jérusalem et des dérives fondamentalistes. 

 

La semaine passée, des centaines de personnes ont manifesté devant le domicile du rabbin Dov Lior de Kyriat Arba pour marquer leur soutien au rabbin, qui avait refusé de se rendre à la police pour un interrogatoire.

La police lui reproche d’avoir écrit un texte soutenant un livre controversé sur les circonstances permettant de tuer des non-juifs, un livre susceptible de figurer parmi les ouvrages appelant à la violence, ce qui est interdit par la loi.

Le rabbin Lior, arguant du fait que les rabbins ont le droit d’exprimer des opinions religieuses même si elles ne plaisent pas aux juges et aux policiers a refusé de répondre aux questions de la police et de se présenter devant un enquêteur.

Quand la même semaine, un rabbin est accusé de corruption, un autre d’attouchements sexuels sur des mineurs et un troisième de viol, on est en droit de se demander pourquoi les rabbins devraient être au dessus des lois ?

La moindre déclaration d’un député arabe contre l’Etat d’Israël provoque immédiatement des demandes de la droite d’ouvrir une enquête pour incitation à la haine, comment justifier que les rabbins, qui sont beaucoup plus influents que n’importe quel député puissent être dispensés de rendre des comptes à la justice ?

Tout n’est pas permis au nom de la Torah !

Ce qui nous ramène au fondamentalisme religieux et au débat organisé par le CCF.

J’invite M. Debray à prendre contact avec moi pour organiser un véritable débat sur ce sujet en invitant des personnalités de droite et de gauche, Palestiniens et Israéliens, extrémistes de gauche et de droite afin de justifier l’ouverture d’esprit que propose le CCF.

Et pour répondre à la question, si je suis de droite ou de gauche, ça dépend des jours…

Michaël Blum

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