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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 16:43

Récit d’une nuit au Tombeau de Joseph à Shekhem (Naplouse)

 

Minuit, barrage de Fourik, entrée de Shekhem, Menahem (photographe) et moi attendons l’autorisation de l’armée pour entrer dans la ville.

Naplouse, (déformation de Napolis, nom donné par les Romains à Shekhem) est une des grandes villes palestiniennes de Cisjordanie (Samarie) qui a la particularité comme Hébron, d’abriter un site présumé d’une tombe d’un personnage biblique, Yossef, le fils du patriarche Jacob.

Pendant plusieurs années, une Yechiva dirigée par le rabbin Ginzburg était installée sur le site, accueillant quelques dizaines d’élèves.

Le Tombeau de Joseph, est situé à Balata, un camp de réfugiés palestiniens, crée en 1950 pour les habitants arabes qui avaient quitté Jaffa.

Reconnu comme lieu saint dans les accords d’Oslo, le site reste sous la responsabilité israélienne jusqu’au début de la seconde Intifada, pendant laquelle, suite à une attaque sur le site de palestiniens armés, le Tombeau de Yossef est abandonné par Tsahal.

Brûlé, détruit et transformé en décharge publique, le lieu saint est de nouveau visité après l’opération Remparts quand Tsahal reprend le contrôle de la ville.

Depuis, les autorités israéliennes ont autorisé de rares visites sous haute protection militaire, avec une augmentation des permissions de pèlerinage depuis deux ans, amenant parfois plus d’un millier de personnes dans la même nuit.

Cette nuit, aux abords de la ville, 25 bus bondés attendent l’autorisation de pénétrer à Balata.

A peine arrivés sur place, les responsables de l’organisation qui milite pour la réouverture du site, installent des rampes pour les escaliers, un générateur, des projecteurs, des tables…

La veille, ils sont venus repeindre et nettoyer le Tombeau qui est en fait une structure antique, avec en son centre, une pierre considérée comme celle de la tombe de Yossef.

Hommes et femmes, jeunes et vieux, orthodoxes et traditionalistes, jeunes des collines et hassidim de Breslev, tous se précipitent vers la pierre tombale, l’embrassant, se couchant dessus, priant les larmes aux yeux ou encore dansant autour avec ferveur.

Les soldats chargés de la protection des visiteurs profitent des moments de pause pour se recueillir sur la tombe.

Tsahal n’autorise que quatre bus à la fois à rester autour du site, ce qui devrait faire à peu près 200 personnes, mais en réalité le double, les gens se battant pour pouvoir entrer dans les bus.

Cinq fois de suite, le site est vidé de tous ses visiteurs pour permettre à d’autres de venir et chaque fois les soldats doivent se disputer avec les pèlerins pour les sortir du site.

« Yossef !!! », le cri s’élève de la gorge de centaines de personnes tout au long de la nuit.

« Celui qui sait conserver son passé peut assurer son avenir », me confie Gershon Messika, président du Conseil régional du Shomron, qui milite pour que le site soit ouvert en permanence.

Certains sont arrivés de loin, comme ce couple de Ramleh, venu couper les cheveux de leur fils de trois ans ou encore ce père de famille d’origine française, parti de Eilat vers 18h et qui accompagné de ses deux fils, est arrivé à 3h du matin.

Tova, 66 ans vient de Tel Aviv pour demander la libération de Gilad Shalit.

Elle allume des bougies et récite des prières, demandant aux soldats présents de répondre amen, avant de leur offrir du café de sa thermos.

Le jour va se lever, un dernier groupe de hassidim danse en cercle avant de remonter dans le bus.

Tout près, la voix du muezzin appelle à la prière, les juifs s’en vont, Shekhem redevient Naplouse…

Michaël Blum   

 

PS : (on a le droit d’écrire un PS sur un blog ?)

Sur les sites pro-palestiniens, ce genre de visites suscite la colère :

« Des sources palestiniennes ont dit que des dizaines de colons extrémistes sionistes ont envahi un lieu saint islamique, à l'Est de la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée, et qui sont venus par plusieurs bus sous la protection de grandes forces de l'armée de l'occupation israélienne qui ont imposé un barrage sécuritaire contre la région et empêchant les palestiniens d'arriver au lieu. » (source ISM)

Sans commentaires…

 

 

 

 

 

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 21:58

Imaginez que des gens décident de ne pas respecter la loi, qu’ils le fassent de manière publique en sachant que les autorités israéliennes seront forcées de réagir.

Imaginez que quand les forces de l’ordre tentent d’empêcher ces infractions, ces gens les traitent de nazis, les agressent physiquement puis après avoir été stoppés par les soldats israéliens, ils se présentent comme des victimes auprès de la presse.

Quand il s’agit de soi-disant « humanitaires » turcs, il y a un consensus (dans la population juive en Israël) sur le fait que Tsahal a bien réagi.

Mais quand les forces de l’ordre israéliennes sont agressées par des adolescents juifs à Beit El qui tentaient d’empêcher la destruction d’une cabane illégale, le ton chez certains sionistes religieux est différent.

« Nous devons protéger la terre d’Israël », « Ce gouvernement est criminel », « On ne pardonnera jamais à Bibi ce qu’il a fait », j’en passe et des meilleures.

Depuis une quinzaine d’année, un débat secoue la société israélienne, en réalité une minorité de la société israélienne mais dont l’influence est plus importante que son nombre réel.

Le sionisme religieux, partenaire du sionisme depuis la fin du XIXème siècle connaît une division qui ne fait que s’accentuer ces derniers temps.

Après avoir au nom de « l’amour gratuit » appelé à garder de bonnes relations tant avec les orthodoxes qu’avec les laïcs, le sionisme religieux, qui a toujours regroupé des idéologies différentes est en train de se diviser de manière inéluctable.

La disparition cette semaine du Rav Mordehaï Eliahou, le dernier rabbin à être reconnu par l’ensemble du sionisme religieux devrait agrandir cette division.

Politiquement, on peut distinguer deux groupes, ceux qui votent pour Ihoud Leoumi (Union Nationale), parti d’extrême droite d’opposition, dirigé par Katzele et ses amis kahanistes, de l’autre ceux qui ont choisi Habayit Hayeoudi (Foyer juif), hériter du PNR ou le Likoud, qui avait placé plusieurs figures sionistes religieuses sur ses listes aux dernières élections (Yuli Edelstein, Zeev Elkin, Effi Eitam).

Sur le plan spirituel, d’un coté les rabbins Dov Lior (Kyriat Arba) et Zalman Melamed (Beit El), qui appellent les soldats à désobéir en cas d’évacuations, qui soutiennent les mouvements les plus radicaux parmi la population des implantations (Komemiyout, Women in green…), qui ont fait des changements dans la prière pour l’Etat d’Israël et qui de manière générale voient dans les gouvernements ne suivant pas leurs idées, des gouvernements traitres contre lesquels il faut combattre.

De l’autre, les rabbins Yaakov Ariel (Ramat Gan) et Shlomo Aviner (Beit El également, au grand dam des proches du rabbin Melamed, qui ont crée un site injurieux contre le rabbin Aviner), qui restent légalistes, qui appellent les soldats à obéir, qui continuent de diffuser le message de leurs maitres, les rabbins Kook, père et fils, sans essayer de les interpréter selon l’actualité du moment.

Quand Baroukh Goldstein avait tué 29 musulmans en prière au Caveau des patriarches en leur tirant dans le dos en 1994, le rabbin Lior l’avait qualifié de « saint », tandis que le rabbin Aviner avait condamné cet acte criminel sans chercher la moindre excuse à ce terroriste juif.

En 1995, le meurtre du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin par un juif portant la kippa, avait amené des condamnations unanimes mais alors que le rabbin Melamed dans un discours à Beit El affirmait que « le public religieux sioniste n’avait rien à se reprocher », le rabbin Aviner, le même jour déclarait en public « Nous sommes tous coupables ».

Puis ce fut les déclarations des rabbins vivant en Judée-Samarie appelant les soldats à désobéir, ordre rejeté vigoureusement par le rabbin Aviner. Au moment du retrait israélien de la bande de Gaza, on a pu voir la division s’accentuer avec d’un coté les élèves du rabbin Melamed jetant de la peinture sur les soldats à partir du toit de la synagogue de Kfar Darom et ceux du rabbin Aviner, priant dans celle de Nevé Dekalim.

Le rabbin Melamed, dont le fils Eliezer a vu sa Yechiva expulsée du Hesder pour avoir soutenu le droit des soldats de refuser d’obéir aux ordres, a poussé cette semaine ses élèves à manifester contre les forces de l’ordre.

Pendant que des dizaines de jeunes traitaient de « nazis » les soldats en leur jetant des pierres, le rabbin Melamed se tenait à quelques mètres, offrant ainsi une caution religieuse à ses ouailles, selon des témoins sur place.

De son coté, le rabbin Aviner qui dirige une Yechiva, un institut pré-militaire, une association qui construit des maisons et achète des terrains à Jérusalem (Ateret Cohanim), qui publie quatre livres par an en moyenne, qui enseigne dans tout le pays, qui répond à plusieurs centaines de questions par semaine, qui écrit dans une dizaine de publications chaque semaine est l’un des rabbins les plus influents du monde sioniste religieux contemporains, sans avoir fait jeter le moindre caillou contre un soldat par ses élèves…

Deux enquêtes criminelles sont en cours contre les institutions de Beit El dirigées par le député Yaakov Katz (Katzele) et le rabbin Melamed.

La presse évoque le « Holyland » de Beit El et l’affaire est loin d’être close.

"Nous sommes le cœur du pays, du peuple juif et de la Torah d'Israël" a affirmé Katsele devant des dizaines de personnes.

Je vous laisse juger du bien-fondé de cette affirmation...

Ces gens continuent de vouloir donner des leçons de morale au peuple juif qui lui n’a pas perdu la raison et sait qu'à l’image des zélotes de l’époque du second Temple, les Katsele et ses comparses sont une menace sur le caractère juif et démocratique de l’Etat d’Israël.

Les passagers de la flottille, soutiens indéfectibles au Djihad mondial, me paraissent parfois moins dangereux pour l’avenir d'Israël que ces gens qui soutiennent le terrorisme juif et veulent saper les fondements de l’Etat d’Israël.

 

 

 

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 00:57

Israël a perdu une bataille médiatique cette semaine, comment l’expliquer ?

 

D’un coté, un état démocratique qui impose un blocus sur la bande de Gaza, aux mains d’une organisation reconnue comme terroriste et qui détient depuis quatre ans, un soldat enlevé sur son territoire qui n’a jamais reçu une visite de la Croix-Rouge.

De l’autre, des organisations radicales islamistes décidées à lutter contre ce blocus.

Selon la chaîne de télévision du Hamas, voici le projet de ces « militants pacifistes » :

« Hier, le commandant de la flotte a déclaré : "Nous ne laisserons pas les sionistes s´approcher, et nous mènerons la résistance contre eux." Avec quels moyens résisteront-ils ? Avec leurs ongles. Ce sont des gens qui souhaitent trouver le martyre pour l´amour d´Allah. Plus encore que de rejoindre Gaza, c´est l´autre option qui a leur préférence. » (Extrait d’Al-Aqsa TV, traduction Memri)

Pour neuf de ces militants, l’option du « martyre » s’est avérée être la réalité…

Face à l’agression physique des passagers du bateau contre eux, les soldats israéliens ont tiré à balles réelles tuant neuf personnes et en blessant des dizaines.

Le Hamas est sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis et de l’Union Européenne et l’IHH, l’ONG turque qui avait affrété le bateau est considérée par les experts comme une organisation recrutant pour le Djihad, la guerre sainte.

Alors comment expliquer que depuis deux jours, la communauté internationale condamne Israël pour sa « réaction disproportionnée », pour citer le président français, Nicolas Sarkozy ?

Pendant que la guerre médiatique faisait rage et que les porte-parole israéliens diffusaient des images prouvant que les soldats avaient été attaqués, des manifestations anti-israéliennes se déroulaient un peu partout dans le monde et le conseil de sécurité de l’ONU demandait l’ouverture d’une enquête sur cette affaire.

La presse israélienne évoque l’échec cuisant de Tsahal, les erreurs des services de Renseignements, l’utilisation d’une unité d’élite à la place de policiers anti-émeute, j’en passe et des meilleures.

Encore un point important à préciser sur le blocus de Gaza : le Hamas est le véritable bénéficiaire de ce blocus, plus qu’Israël.

On peut soutenir ou non la poursuite du blocus mais il faut bien comprendre que c’est l‘une des armes les plus efficaces du Hamas dans sa lutte contre Israël.

La mort de neuf personnes sur ce bateau est tragiquement une victoire supplémentaire pour l’organisation islamiste.

Bernard-Henri Levy, présent au Forum sur la démocratie organisé à Tel Aviv par l’Ambassade de France en Israël a affirmé croire « qu’Israël pouvait agir différemment ».

Bien que je ne partage pas ses idées sur beaucoup de points, je ne peux que lui donner raison (pas gardée…) sur ce point.

Je ne sais pas comment Ehud Barak aurait pu gérer la situation de manière plus efficace mais je suis convaincu que l’homme qui est sorti du Sud-Liban en 2000, laissant derrière lui les germes de la seconde guerre du Liban et qui n’a pas su gérer la seconde Intifada après l’échec des négociations de Camp David a une fois de plus prouvé son incapacité à prendre la bonne décision.

Israël a perdu une bataille médiatique, ce n’est pas la première et surement pas la dernière défaite israélienne sur ce terrain mais on est en droit de se demander si on a vraiment besoin de Goldstone et consorts pour démolir en quelques heures la hasbara israélienne alors qu’on a Ehud Barak comme ministre de la Défense.

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:54

Yekim est le nom donné aux juifs d’origine allemande qui célèbrent cette année le 75e anniversaire de la cinquième Alya, composée en majorité de juifs d’Europe centrale.

J’ai assisté ce jeudi au lancement des festivités dans une forêt de Galilée.

 

 

Yekim-006.JPG

Participants de la Maccabiade de 1935  

 

 

Il est 7h29 quand le responsable du bus me téléphone pour savoir où nous sommes.

Quand je monte dans le bus à 7h35 sous le regard réprobateur des participants, je me confonds en excuses pour ce retard qui je le sens est un véritable affront à la ponctualité des yekim.

« Je sais, la première fois, c’est un peu difficile à comprendre mais quand on dit qu’on part à 7h30, il n’y a aucune raison de partir plus tard », m’explique Yoram, pourtant né en Israël mais fils de véritables yekim.

Durant le voyage, des membres de l’Association des juifs d’Europe centrale germanophones, qui organise la journée, racontent leurs souvenirs.

« Quelqu’un dans le bus se souvient d’avoir voyagé en train durant le Mandat britannique entre Tel Aviv et Haïfa? », demande l’un d’eux au micro.

« Regardez sur la droite, les restes de la voie ferroviaire de l’époque », ajoute-t-il, la voix chargée d’émotions.

Puis, le Pr Naftali Kadmon, spécialiste de terminologie toponymique, prend le micro pour déplorer que les Israéliens ne connaissent pas assez l’apport des Yekim à la création de l’Etat.

Quelques blagues en allemand pour détendre l’atmosphère et nous arrivons à la forêt Altneuland, du nom du livre de Théodore Herzl.

« La cérémonie commencera à 11h précises », annonce l’un des organisateurs.

Sur un air de polka, la cérémonie marquant le lancement des festivités du 75é anniversaire de la 5éme Aliya commence sous une tente, à 11h précises.

« Guten Morgen, bienvenue aux yekim et leurs descendants », lance l’animateur de la journée.

Près de 200.000 juifs ont immigré en Palestine entre 1929 et 1939, en majorité d’Allemagne et d’Autriche, mais la date choisie pour les festivités du 75é anniversaire de cette Alya est 1935 car de nombreuses personnes profitant de la seconde Maccabiade (Jeux olympiques regroupant des juifs du monde entier) se sont installés en Palestine mandataire malgré le Livre blanc, qui imposait des restrictions à l’immigration juive.

Michaël Teilhaber, 88 ans, originaire de Berlin, a immigré en 1935 après avoir participé à la Maccabiade comme coureur.

Il me confie qu’il ne skie plus depuis 3 ans mais continue son jogging matinal tous les jours.

Quand je lui demande ce qui caractérise les yekim, il me répond que c’est la ponctualité, la droiture et l’honnêteté mais ajoute-t-il « ce n’est pas toujours évident de rester yeke en Israël… ».

La journée ponctuée d’activités sportives et d’intermèdes musicaux se termine par un mini-drame : le bus du retour arrive avec quelques minutes de retard.

Mais je ne peux pas finir ce récit sans une blague yeke : C’est Manfred qui le matin va à la shul et annonce à sa femme, « ce matin, j’arriverai plus tard à la maison, on commence à dire mashiv arouah »…   

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 11:23

Cette année, les festivités marquant le 43e anniversaire de la réunification de Jérusalem m’ont amené à me poser quelques questions que je vous livre

 

Est que la Jérusalem de 2010 est vraiment celle que le peuple juif aspire de ses vœux depuis 2.000 ans ?

Cette année, la ville a fait la une des journaux : gel de la construction, disputes autour des quartiers arabes (Cheikh Jarrah, Silwan), Holyland, les manifestations des orthodoxes…

Les chiffres des instituts de statistiques démontrent que seuls 21% des juifs vivant à Jérusalem se déclarent laïcs, ce qui signifie que la grande majorité des habitants sont haredim ou arabes.

Je n’ai aucun préjugé contre ces deux populations mais comment se fait il que la capitale « unie et indivisible » d’Israël accueille une population si importante qui vit en grande partie des subventions de l’Etat ?

Pourquoi les habitants arabes n’ont pas les mêmes droits que les juifs ?

Pourquoi pendant qu’on a construit le « monstre » Holyland, pas un seul permis de construction n’a été donné à des Arabes ? 3.000 permis depuis 1967 alors que la population des quartiers arabes à quadruplé en 43 ans !

80% des enfants arabes de la ville et 45% des enfants juifs vivent en dessous du seuil de pauvreté, ces chiffres m’inquiètent, pas vous ?

Pendant que les habitants de Méa Shéarim manifestent contre l’ouverture d’un parking et pour exiger la libération de criminels issus de leur milieu, qu’à fait la mairie pour inciter une population qui travaille et fait l’armée à venir s’installer à Jérusalem ?

Le maire Nir Barkat avait promis des changements dans les priorités de la ville, mais les avez-vous vu ces changements ?

Avez-vous regardé récemment les prix de location et d’achat d’un appartement à Jérusalem ? Les prix augmentent et le niveau de vie baisse.

Nir Barkat s’est exprimé sur l’avenir de la capitale : « Si on ne construit pas pour les jeunes juifs, ils quittent la ville, et si on ne planifie pas pour les Arabes, ils construisent illégalement. Il faut faire ce qui est correct et juste pour tous », bravo Monsieur le maire pour cette courageuse déclaration !  

Ah, oui, j’oubliais, les travaux du tramway avancent à grands pas…(on peut rigoler, non ?)

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 23:35

Qui n’aime pas donner une image de lui d’ouverture d’esprit et de tolérance ?

La réponse est simple, les extrémistes de tous bords pour qui ces mots sont des menaces sur leur identité.

Depuis 24 ans que je vis en Israël, je déplore le fait que la société israélienne soit si intolérante.

Les Juifs n’aiment pas les Arabes, les religieux ne supportent pas les laïcs, les haredim détestent les sionistes, les séfarades se sentent différents des ashkénazes, et tout ce ceci réciproquement, bien entendu.

Il ne faut pas oublier que dans chaque groupe, il y a des sous-groupes, les Hassidim et les lituaniens, les sabras et les olim, les russes et les éthiopiens, les partisans du Grand Israël et ceux prêts à plus de concessions territoriales…

Je pourrai continuer cette liste longtemps, tel un inventaire de Prévert mais ce sont des clichés que vous connaissez déjà.

Ces derniers temps, j’ai pensé écrire sur plusieurs sujets qui tous avaient comme point commun, ce refus de l’autre, l’intolérance, et le repli identitaire.

Nous avons eu le droit à l’affaire de l’hôpital d’Ashkelon, quand le vice-ministre de la Santé,  le député du parti orthodoxe Yaakov Litzman a refusé d’autoriser la construction d’une salle d’urgences sur un terrain dans lequel il y avait un risque de trouver des ossements juifs.

Malgré la position du rabbinat qui a autorisé ces travaux pour sauver des vies, les partisans du ministre ont poussé les hauts cris, réussissant à se faire haïr encore un peu plus du reste de la population.

On a eu le droit aussi à la déclaration scandaleuse du député du parti Union nationale, Yaakov Katz qui a suggéré de créer une ville réservée aux immigrés afin de « préserver le caractère juif de l’Etat d’Israël ».

Le mot tolérance ne fait apparemment partie du vocabulaire de Katz et Litzman mais combien de haine dans la presse pour les religieux, suite à ces deux affaires !

Il existe en Israël des gens pour qui les différences de religion, d’idées politiques, de couleur de peau, et d’identité d’autrui ne sont pas des obstacles à l’amour gratuit.

Ce sont ces voix que j’aimerai entendre plus souvent, ce sont ces gens qui devraient nous représenter à la Knesset.

Hier, le pays s’est figé deux minutes en souvenir des victimes de la barbarie nazie, deux minutes de silence, hommage à six millions de personnes, si différentes les unes des autres, des juifs libéraux et des orthodoxes, des bourgeois allemands et des paysans russes, des commerçants français et des rabbins polonais…

Durant la sirène, je me suis surpris à rêver que ces deux minutes de silence puissent durer plus longtemps, afin que les Israéliens apprennent à rester unis au delà du souvenir, pour construire l’avenir avec des valeurs de justice, de tolérance et d’humanisme.

J’ai rencontré durant cette journée, la délégation organisée par la Fondation France-Israël de descendants de Justes français, ces hommes et femmes qui pendant l’Occupation ont sauvé des vies au péril de la leur.

Ces gens n’ont pas demandé à ceux qu’ils cachaient quelles étaient leurs opinions politiques ni leur degré de foi, ils ont sauvé des êtres humains.

Cet humanisme n’est pas contradictoire avec la pratique du judaïsme, bien au contraire, il est juste dommage que si peu de gens s’en souviennent…

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:44

Les commentateurs du livre d’Esther nous expliquent que les personnages de cette histoire portent des masques et que Pourim permet de dévoiler leur véritable identité.

 

Le puissant roi Assuérus n’est qu’un pleutre incapable de prendre seul des décisions, prenant conseil successivement chez les uns puis chez les autres, tuant sa femme, acceptant de laisser détruire le peuple juif puis pour un sourire d’Esther, autorise les juifs à tuer Aman et ses complices.

Le cruel Aman de son coté est ridiculisé par un seul homme, qui refuse de se prosterner devant lui puis par la reine Esther qui le manipule à sa guise, ce qui va lui couter la vie.

Esther, qui cache son identité juive et deviendra une héroïne en sauvant son peuple de la destruction promise par Aman.

Mais le juif Mordehaï qui refuse obstinément de se prosterner devant Aman, qui déjoue le complot contre le roi Assuérus, qui dans l’ombre tire les ficelles de cette histoire, quels masques porte-t-il ?

Seul personnage de ce livre à avoir affiché clairement ses intentions, en quoi la fête de Pourim et l’heureuse conclusion de cette histoire le dévoilent sous son vrai jour ?

Le Rav Kook, cité par le Rav Elie Kling,  explique qu’un masque important doit tomber le jour de Pourim, celui des divisions au sein du peuple juif.

Le peuple juif est présenté au début de la Meguila comme « divisé et dispersé parmi les nations », Mordehaï réussit à les réunir tous offrant la possibilité à Israël de se présenter sous son vrai visage, celui de l’unité et de la solidarité.

C’est la raison pour laquelle on offre à Pourim des cadeaux à ses voisins et qu’on donne de l’argent aux pauvres, pour renforcer la solidarité.

Tout le monde ne doit pas penser de la même manière mais la solidarité est essentielle à la survie du peuple juif et c’est le message de Mordehaï.

On rapporte que lorsqu’on boit le jour de Pourim, on doit confondre « Béni soit Mordehaï » et « Maudit soit Aman ». Comment comprendre cette phrase ?

Peut-on confondre le bien et le mal ?

Le Rav Kook explique que le bien et le mal sont créés par Dieu et qu’ils sont présents en chacun de nous.

Nous devons reconnaitre que chaque chose dans le monde à un sens mais sans « perdre la tête », on ne peut pas comprendre qu’Aman et Mordehaï sont les deux faces de la même pièce, celle voulue par le créateur.

Il faut lutter contre le mal mais avant tout Pourim vient nous enseigner qu’on ne peut pas tout savoir (« ad de lo yada »).

Savoir qu’on ne peut pas tout comprendre, c’est un pas important vers la compréhension du divin.

Je ne peux pas parler de Mordehaï sans évoquer le Rav Mordehaï Eilon dont le masque est apparemment tombé mais je dois avouer que certaines choses restent obscures pour moi…  

 

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:09

Le Premier ministre israélien veut faire voter une loi afin d’autoriser les israéliens de l’étranger à voter, provoquant un débat au sein de la classe politique.

 

Mon premier réflexe en entendant cette nouvelle a été de soutenir l’initiative de Netanyahou, qui est tout à fait démocratique contrairement à ce qu’affirme Tzipi Livni et la gauche israélienne.

J’ai quitté la France il y a 25 ans et j’ai toujours le droit de vote pour les élections présidentielles, tout comme certains de mes voisins américains ou anglais.

Pourquoi seuls les diplomates israéliens peuvent voter de l’étranger, alors que l’avenir de ce pays est important pour tout israélien même s’il réside à l’étranger.

Je précise que le texte du projet de la loi veut autoriser le droit de vote uniquement à ceux qui sont encore en contact avec Israël, possédant un passeport valable et ayant gardé des attaches avec le pays.

Certains évoquent la menace démographique pour justifier cette loi,  soit d’éviter que le nombre de voix arabes dépasse un certain seuil au Parlement israélien.

D’autres voient dans les intentions du Premier ministre un moyen d’obtenir plus de sièges pour son parti, les Israéliens de l’étranger seraient traditionnellement plus à droite.

Les arguments contre ce projet de loi sont nombreux également, rappelant que l’avenir de l’Etat d’Israël doit être décidé par ceux qui vivent sur place et risquent leur vie pour le pays.

(Bien que personne ne remette en cause le droit de vote pour les haredim…)

D’autres opposants à ce projet de loi évoquent le fait que les citoyens américains ont certes le droit de vote quand ils vivent en dehors des Etats-Unis mais uniquement ceux qui continuent de payer des impôts dans leur pays d’origine.  

Et puis le sionisme, c’est s’installer en Israël, « être un peuple libre sur notre terre », pas voter de Paris où Los Angeles.

Demain,  on voudra donner le droit de vote aux juifs du monde entier, vu que chacun a le droit de s’y installer, pourquoi ils ne pourraient pas voter en attendant de venir s’y installer définitivement ?

Alors, pour ou contre ? Je propose un référendum mais il faudra quand même laisser voter les Israéliens de l‘étranger, ils sont les premiers concernés, non  ?

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 15:59


Lors de la visite d’Auschwitz-Birkenau, la délégation de députés de la Knesset que j’accompagnais a été guidée sur les lieux par un spécialiste du sujet, un guide qui est considéré comme la « vedette » de ce genre de visites.

Le Dr Efraim Kaye est le directeur des séminaires pour éducateurs de Yad Vachem et il est indéniablement une véritable encyclopédie vivante de la Shoah.

Cet homme sait répondre de mémoire à chaque question des visiteurs : combien de prisonniers vivaient sur place au moment de la libération ? Combien mesure chaque paillasse ? Combien de personnes entraient à la fois dans la chambre à gaz ? Combien de personnes pouvait-on brûler à la fois et en combien de minutes ?

Ce type est un phénomène ! Et ce phénomène m’a mis hors de moi !

De Cracovie à Auschwitz, il a parlé pendant une heure dans le bus, racontant l’histoire de l’antisémitisme qui a mené à la Shoah, une conférence qui a réussi à endormir la moitié du bus, l’autre parlant discrètement en attendant l’arrivée

Alors qu’on arrive soudain à Auschwitz, sans aucune préparation ; il est encore en train de raconter l’invasion par les nazis de l’URSS, n’ayant pas eu le temps apparemment de calculer le temps de son exposé (ce n’est que la 20éme fois qu’il fait ce voyage…)

Au lieu de nous expliquer ce que nous allons voir, les deux phrases qu’il prononce avant qu’on descende du bus sont les suivantes : « Les toilettes sont en bas à l’intérieur du musée mais dépêchez vous car nous avons très peu de temps » puis « N’oubliez pas le numéro de votre bus qu’on ne perde personne, celui qui a peur d’oublier qu’il note le numéro sur sa main… »

Je vous jure que je n’ai rien inventé, il ne s’agit pas d’une caméra cachée mais du « meilleur guide » d’Auschwitz !!!

Il s’est rapidement excusé sans esquisser le moindre sourire (contrairement au rescapé du camp qui trouvait cette petite phrase très amusante).

Après avoir mis nos casques, nous avons eu le droit à la suite de sa savante conférence, tout en marchant dans les restes du camp.

« Ici, vous ne voyez rien, mais il y avait la rampe, ici, non plus, vous ne voyez rien mais il y avait les chambres à gaz et ici le monceau de neige recouvre ce qui étaient les fours crématoires ».

Pas un instant, il ne s’est arrêté de parler, étalant sa science aux députés comme s’il s’exprimait face à un public n’ayant jamais  entendu parler de la Shoah.

J’ai rapidement fermé le bouton qui me permettait d’entendre sa voix afin de pouvoir me recueillir sur ce lieu où il est si aisé de provoquer de l’émotion mais Efraim Kaye a poursuivi, regrettant parfois de n’avoir que 4 heures pour parler, alors qu’il est clair qu’il aurait pu continuer ainsi pendant des journées entières, sans exprimer le moindre sentiment .

De toute façon, j’aurais du m’en douter avec sa réaction suite à sa gaffe sur le numéro du bus,  comment un homme qui n’a pas d’humour pourrait engendrer la moindre émotion?

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 05:56
J’ai passé quatre heures à Auschwitz-Birkenau et les seuls mots qui me viennent sont ceux du titre de ce post : Am Israël Haï, le peuple juif est vivant !
Je ne vais pas vous détailler la visite au pas de course avec plus de 200 personnes, les cérémonies émouvantes, le drapeau israélien qui flotte, les députés qui versent une larme, le froid terrible alors que nous sommes tellement plus couverts que ceux qui ont vécu ici il y a 65 ans, les récits des rescapés qui nous accompagnent, le block conservé en état depuis 1945…Je ne me sens pas la force de vous le raconter.
Une image forte pourtant, celle du député arabe antisioniste, Mohamed Barakeh, visiblement ému qui prend des photos de la montagne de chaussures conservées au musée d’Auschwitz et qui me confie « rester muet devant tant d’horreur ».
Si je cite Barakeh, ennemi juré de l’Etat d’Israël dont il est l’un des élus, c’est parce qu’il a compris que la seule réaction qu’on peut avoir dans ce lieu, c’est le silence. Quelques instants plus tard, Nahman Shay (Kadima), ancien porte-parole de Tsahal me répète quasiment les mêmes mots : « Ici, on se tait, on pense, on peut poser des questions mais nous savons qu’elle sont sans réponses ».
Terre maudite qui recouvre le sang et les cendres de millions d’enfants et adultes gazés, fusillés et parfois brûlés vifs pour la simple raison qu’ils étaient juifs.
Les traces de mon grand-père je ne les ai pas trouvés bien qu’en regardant les planches sur lesquelles les prisonniers dormaient à six avec une paillasse pour couverture, je me suis demandé si mon grand-père y avait dormi rêvant de liberté mais ce que j’ai peut-être trouvé à Auschwitz, c’est ma propre identité de juif.
Mais vous comprendrez que mes questions identitaires, je ne peux pas facilement les partager avec tout le monde… i
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