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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 09:03

Plus de 30 listes se présentent aux prochaines élections de janvier 2013.

Si cette année, vous avez décidé de ne pas voter pour les grands partis habituels, car déçus de leurs programmes, de leur liste de candidats ou de leurs promesses en l’air, je vous propose un panorama des petites listes auxquelles vous n’avez pas pensé…

 

Voter Likoud cette année, alors que Begin et Meridor n’y sont plus, pas question ! Et cette union avec Lieberman, un scandale !

Avoda ? Avec Merav Michaeli en 5e place, vous rigolez ! Sans oublier que Shelly n’est pas vraiment à gauche, alors quel intérêt de voter travailliste pour l’avoir au gouvernement ?

Lapid ? C’est quoi son programme ?

Livni, Peretz et Mitzna ? Trois losers qui se détestent, ce n’est pas vraiment l’avenir !

Kadima ? Je voterai pour eux quand Sharon se réveillera…

Meretz ? Trop à gauche

Bennet et  ses amis ? Eretz Israël encore ! Il y a d’autres sujets plus importants

Le Rav Amsellem ? Il est resté trop longtemps à Shass, c’est suspect

Shass ? Sans commentaires

Les partis ultra-orthodoxes et arabes ? Quand je ferai partie d’un de ces secteurs de la population…

Otzma Leisrael ? je vote pas pour des fachos…

Les Verts ? C’est bien l’environnement mais c’est comme Eretz Israël, il y a d’autres sujets pas moins importants, non ?

Bon, alors pour qui je vote ?

Il y a Dor, le parti des Retraités de Rafi Eitan, qui a laissé sa place à un jeune de moins de 80 ans à la tête du parti mais Dor pour un parti de retraités, c’est franchement moyen comme nom…

Alé Yarok (Feuille verte) ? La légalisation du cannabis, un peu léger comme programme

Koulanou Haverim na nah ? Danser en sautillant dans la rue, c’est pas mon truc

Atid Ehad ? Le seul parti qui ne présente pas de liste mais un seul nom, Yehezkiel Stezler, qui selon Internet est rabbin orthodoxe et conseiller conjugal

Leader ? Parti qui se présente pour la 4e fois, dont le programme entièrement en russe est proche de celui de Vladimir Jirinovski, un homme politique russe d’extrême droite  

Les Pirates ? à l’exemple de partis homonymes en Europe, les Pirates veulent changer les priorités sociales en Israël. Le numéro un de la liste était candidat aux dernières élections sur une liste commune aux rescapés de la Shoah et aux fumeurs de cannabis…

Moreshet Avot ? Au programme de cette liste : diriger le pays pour un meilleur avenir…(ils sont en faveur d’un gouvernement d’union nationale qu’ils dirigeront d’ailleurs)

Ahim Anakhnou (Nous sommes frères) ? Parti qui veut défendre les droits des juifs éthiopiens

Koah Leashpia (la force d’influencer) ? Le parti soutenu par Amnon Yitzhak, le gourou populaire dont certains fidèles pensent qu’il est le Messie

Brit Olam ? Un programme simple : voter pour Dieu, seule option valable de vote…

Kalkala (Economie) ? Programme flou mais après avoir proposé à une vedette de téléréalité puis une autre de programme pour enfants de se présenter, ils ont finalement mis l’ex-députée de Kadima, Yulia Shamalov-Berkovitz à leur tête… 

Or (Lumière) ? Parti d’extrême gauche qui a obtenu 819 voix en 2009 mais soutenu par des personnalités intellectuelles telaviviennes comme Yeoshoua Sobol et Yaït Garbouz.

Alors, pas convaincus ?

Bon, alors, revenons aux partis classiques

Votons Likoud pour que Netanyahou continue de tenir tête au monde entier et que Lieberman puisse continuer à voyager en Ouzbékistan

Votons Avoda pour que Shelly soit chef de l’opposition, il faut bien qu’elle fasse quelque chose d’utile cette fois,  non ?

Votons Bennet, car il était dans l’Unité…et a réuni presque tous les sionistes religieux qui voulaient entrer à la Knesset

Votons Shass, pour qu’Arié Dery puisse se refaire une santé (rien à voir avec la Santé à Paris)

Votons Lapid car franchement on se demande vraiment « où est l’argent ? » et il va peut-être nous le dire

Votons Livni, car …euh, je sais pas sur ce coup la…

Votons Meretz pour qu’il reste trois députés vraiment de gauche sur 120

Votons Amsellem avec l’espoir que son parti ne le trahira pas cette fois

Bon, je suis désespéré, pas vous ?

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 00:55

Sans attendre les résultats des élections prochaines, on sait déjà qu’un tiers des députés actuels ne sera pas dans la prochaine Knesset

 

Parmi les parlementaires qui ne seront pas élus au scrutin du 22 janvier, on relève les noms de députés qui ont joué un rôle important dans l’histoire politique de ce pays comme Ehud Barak, Dan Meridor, Benny Begin, Moshé Kahlon et Zevouloun Orlev.

Mais d’autres députés disparaissent du paysage politique et avant qu’ils ne quittent définitivement la Knesset, je vous propose de leur rendre hommage.

Ainsi Anastasia Michaeli (Israël Beiteinou), ancien mannequin et mère de 8 enfants dont on se souvient surtout de son homophobie (« les homos se suicident à 40 ans »), de son racisme et du verre d’eau jeté à la figure d’un député en commission parlementaire.

Il y a aussi Rouhama Avraham (ancienne secrétaire de Lieberman, devenue députée de Kadima) , qui avait tenté d’imiter Marie-Antoinette en proposant aux gazaouis privés de sucre de manger de la confiture…

Une pensée pour Danny Ayalon, vice-ministre des Affaires étrangères, qui de manière très diplomatique avait fait assoir l’ambassadeur turc sur une chaise basse afin de l’humilier.

Et Stass Misheznikov (Israël Beiteinou), le ministre du Tourisme, dont les frasques dans des bars et boites de strip-teaseuses ont fait la une de la presse, il va pas vous manquer ? Et Yulia Shamalov-Berkovitz (Kadima) qui a proposé d’emprisonner les membres des ONG qui défendent les droits des clandestins africains ? Et puis Yaakov Katz (Ihoud Leoumi), l’homme qui a comparé Netanyahou à Assuérus à cause du gel provisoire des constructions et suggérait d’engager des tireurs d’élite pour tuer les bédouins qui faisaient passer la frontière aux clandestins, il va pas vous manquer ?   Et Roni Bar-On et Dalia Itzik (Kadima), Daniel Hershkovitz (Bayit Hayehoudi), Orit Noked et Shalom Simhon (Hatzmaout), Lea Ness, Yossi Peled et Miki Eitan (Likoud), ils vont vous manquer ?  

Et ces inconnus qui pendant 4 ans n‘ont pas fait parler d’eux mais ont chauffé les bancs de la Knesset sur notre compte ?

Quelques noms que vous entendez peut-être pour la première fois de députés qui ont siégé dans la 18e Knesset mais ne seront pas dans la suivante : Lia Chemtov, Avi Duan, Youval Tzelner, Arié Bibi, Moshé Matalon, Tzion Pinian…

Et puis, n’oublions pas ceux qui restent et qu’on aurait bien voulu voir prendre leur retraite mais je ne cite pas de noms, la liste est trop longue…

Votez bien cette année !     

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 17:30

Elus sur un programme, certains politiciens changent d’idéologie en cours de route sans pour autant renoncer à leur siège.

 

L’exemple le plus connu de la politique israélienne est celui des deux députés de Tzomet, le parti d’extrême droite de Raphaël Eitan, qui en 1994, ont quitté leur parti pour voter en faveur de l’accord d’Oslo B, donnant ainsi une majorité à Rabin pour faire passer cet accord à la Knesset.

L’un d’eux, Gonen Segev qui avait obtenu un portefeuille ministériel en 1995 a été condamné dix ans plus tard à 5 ans de prison ferme pour trafic de drogue.

Dès 1994, la droite avait dénoncé cette trahison, jugeant qu’un homme élu sur un programme de droite pouvait évoluer et changer d’avis mais dans ce cas se devait de rendre son mandat et quitter la Knesset.  

Depuis cette affaire, Ariel Sharon en créant le parti Kadima, a rendu presque légitime aux yeux des Israéliens la trahison des électeurs, en restant à la Knesset avec un programme inverse de celui pour lequel il avait été élu.

Ehud Barak, Shaoul Mofaz, Tsahi Hanegbi et d’autres moins connus ont effectué des virages politiques étonnants ces dernières années, tout en restant au gouvernement ou à la Knesset.

A juste titre, la droite se gausse des zigzags de Mofaz et de ses collègues de Kadima mais ne dit rien sur le rabbin Haïm Amsellem.

Le Rav Amsellem élu en 2006 puis de nouveau en 2009 sur la liste de Shas a décidé en août 2009 de se séparer du parti en le critiquant violemment.

Au lieu de rendre son mandat, il est resté trois ans à la Knesset en affichant un programme opposé à celui de ses électeurs.

Le journaliste Hagaî Segal se demande dans Makor Rishon si ce changement radical dans l’idéologie du Rav Amsellem n’aurait pas dû l’obliger à se retirer de la Knesset.

Ce qui m’étonne dans cette histoire est que le public sioniste religieux qui s’est trouvé un nouveau héros dans l’ex-transfuge de Shas ne voit pas que le cas Amsellem est le même que celui de Seguev ou d’Ariel Sharon, soit une trahison de son électorat tout en profitant d’un siège de parlementaire pour faire sa campagne afin d’être élu à la prochaine Knesset.

A mon avis, le meilleur choix de vote pour  les électeurs déçus de changements idéologiques de leurs élus devrait être de voter pour Yaïr Lapid, un homme dont le programme politique est si vague, qu’il peut aussi bien s’associer au Likoud qu’au parti travailliste sans choquer personne…

Pour ma part, je préfère les députés qui restent fidèles à leurs idéaux politiques, qu’ils s’appellent Reouven Rivlin et Benny Begin à droite ou Zehava Galon et Eitan Cabel à gauche.

   

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 16:05

 

Comme dans tous les secteurs de la population israélienne, les divergences d'opinions sont grandes dans le monde ultra-orthodoxe mais cette année, les dissensions risquent de changer la donne aux prochaines élections.

 

Depuis la première Knesset en 1949, les partis religieux et plus particulièrement ceux qui représentaient le public ultra-orthodoxe ont toujours joué un rôle important dans toutes les coalitions gouvernementales.

Malgré le taux de démographie galopant dans ce milieu, le nombre de députés du parti ashkénaze Yaadout Hatorah n'a pas augmenté, ne dépassant pas 5 sièges, alors que le parti ultra-orthodoxe séfarade Shass, dont une grande partie de l'électorat ne fait pas partie du monde orthodoxe varie entre 10 ert 17 sièges.

Si de plus en plus de haredim ashkénazes ne votent plus pour Yaadout Hatorah, cette année, le parti est menacé par quatre divisions internes:

Le premier groupe est celui des partisans du rabbin Shmouël Aurbach de Jérusalem qui s'opposent à ceux du rabbin Steinman de Bené Brak, une lutte féroce pour la direction spirituelle du monde orthodoxe, après la mort du Rav Elyashiv, dirigeant incontesté de Degel Hatorah, l'une des deux formations constituant le parti Yaadout Hatorah.

Les fidèles du Rav Auerbach ont crée leur parti, Netzah et pourraient en cas d'échec des négociations, ls présenter aux élections risquant de faire perdre un mandat à Yaadout Hatorah.

Au parti Agoudat Israêl, l'autre formation constituant Yaadout Hatorah, la crise vient de la place réservée au candidat de la hassidout de Belz qui exige d'avoir la seconde place sur la liste avant le représentant de Vishnitz...Si Belz n'obtient pas cette place, leur rabbin appellera à voter pour Shass.

Troisième groupe qui menace de ne pas voter pour Yaadout Hatorah, les membres du parti Tov, qui se présente uniquement aux municipales mais veut s'investir plus dans la société israélienne.

Ce nouveau parti héritier du parti défunt Poalé Agoudat Israël est constitué de ce qu'on appelle « les nouveaux haredim », qui sont sur le marché du travail, entreprennent des études universitaires et dont les enfants vont de plus en plus souvent à l'armée.

Enfin, le dernier groupe à faire scission est celui des déçus du parti Yaadout Hatorah, ne se reconnaissant plus dans ces députés et qui vote ces dernières années pour d'autres partis comme le Likoud, Ihoud Leoumi et peut-être pour Yesh Atid avec l'entrée dans la liste de Yaïr Lapid, du rabbin Dov Lipman, militant social orthodoxe de Beit Shemesh.

Michaël Blum

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 15:08

 Quel est le secteur de la population le plus important pour les partis politiques israéliens selon vous ? Les 200.000 Franco-israéliens ou les 120.000 Druzes ayant la nationalité israélienne ?

Dans les faits, aucun immigrant de France n'a jamais siégé à la Knesset (si on met de côté, l'épisode Flatto-Sharon) alors qu'en moyenne trois Druzes siègent sur les bancs de chaque Knesset depuis 1949.

On parle toujours du pacte de sang entre l'Etat juif et la communauté druze qui a payé cher sa fidélité à Israël mais les Olim de France n'ont ils pas autant participé aux guerres d'Israël ?

La véritable raison pour laquelle les grands partis gardent toujours une place réservée à un représentant du secteur druze sur leur listes est leur poids électoral, jugé plus important que celui des nouveaux immigrants de France (et de l’occident en général).

Cette année, le Likoud a changé sa constitution interne pour repousser à la 30e place le poste réservé aux Olim, au lieu de la 21e place, soit deux places avant celle réservée au secteur non-juif.

Je ne vais pas entrer dans les détails de cette combine politique mais en bref, ce qui compte pour le parti, c'est le fait que Ayoub Kara (député druze) apporte dans sa besace, des milliers de personnes inscrites au Likoud, qui voteront aux primaires d'une seule voix, alors que le candidat franco-israélien Emmanuel Navon n'a que quelques centaines de voix avec lui.

Sachant que les dirigeants du Likoud feront le maximum pour que les deux députés actuels, anciens Olim de l'ex URSS, Yuli Edelstein et Zeev Elkin soient en bonne place sur la liste nationale, on comprend pourquoi le Dr Navon se retrouve à la 30e place, à la limite de l'éligibilité.

Les Français d'Israël se plaignent souvent de ne pas être écoutés par les partis politiques mais si en deux ans d'efforts, Emmanuel Navon n'a pas réussi à inscrire au parti plus que quelques centaines de personnes, c'est que finalement, ce public n'a toujours pas compris ses intérêts.

Avec 2.000 inscrits, Navon se présenterait encore à la 21e place et serait élu dans un fauteuil pour cette Knesset.

La division au sein de la communauté franco-israélienne rend impossible toute chance de pouvoir jouer un rôle dans la politique de ce pays mais ce n'est peut-être pas une mauvaise chose, ça montre à long terme que les Français qui font le choix de vivre en Israël font aussi celui de s'intégrer à la société israélienne et ne plus mettre en avant leurs particularités.

 

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 01:20

Un an après sa libération, Gilad Shalit, qui tente de reprendre une vie normale reste  une icône populaire en Israël mais l’entrée en politique de son père risque-t-elle de changer les choses ? 

J’ai couvert la campagne de Noam et Aviva Shalit pendant plus de cinq ans, ayant été le premier journaliste à interroger Noam à Mitzpé Hila, quelques heures après l’annonce tragique de la capture de son fils par des Palestiniens.

J’ai comme des dizaines d’autres journalistes répondu présent à tous les appels de la famille qui voulait communiquer et faire parler de leur fils dans le monde entier.

Je l’ai fait car c’est mon métier mais aussi comme être humain, touché par cette tragédie et espérant pendant toutes ces années de voir un jour ce jeune homme revenir vivant en Israël.

Le 18 octobre 2011,  j’étais à Mitzpe Hila et j’ai pleuré à l’unisson de tout un peuple quand Gilad est revenu en bonne santé au sein de sa famille.

Depuis, j’ai eu la chance de le rencontrer, de lui parler, de le voir sourire en vrai et non plus avec ce sourire figé des portraits affichés dans les rues du pays pendant plus de cinq longues années.

 

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Pendant tout ce temps, mettant de côté nos habitudes de journalistes, nous avons agi comme des amis de la famille en respectant toutes leurs demandes.

Nous n’avons pas à leur demande photographié la sœur de Gilad, ni sa grand-mère pourtant franco-israélienne, nous n’avons pas posé les questions gênantes que se posaient beaucoup d’Israéliens sur le prix à payer pour sa libération, nous n’avons pas dévoilé ce que nous savions et que nous continuons de garder pour nous sur la famille Shalit et pas un remerciement, pas l’ombre d’une quelconque gratitude.

Au nom de l’éthique journalistique, nous avons, à mon avis, failli à notre mission de journalistes en se mettant au service de cette cause et en bafouant parfois cette même éthique.   

Gilad Shalit refuse de donner des interviews sauf pour parler de sport, sa passion. Pourtant ce mercredi, la chaîne 10 de la télévision israélienne va diffuser un entretien avec l’ex-otage, qui selon son père n’est pas du gout de Gilad. Il aurait été piégé par des « amis » qui sous prétexte de tourner un film sur lui ont vendu les images de cet entretien à la télévision.

Je pense que Gilad Shalit aurait dû organiser une conférence de presse, dire merci aux journalistes de leurs efforts pendant ces cinq ans et expliquer qu’il ne se sentait pas prêt à raconter sa captivité.

Il a choisi de nous ignorer, c’est dommage mais comment en vouloir à un jeune homme de 26 ans qui sort de plus de cinq années de captivité ?

Par contre, son père qui a repris le cours normal de la vie aurait pu le faire. Dans trois mois, Noam Shalit va se présenter à la Knesset sur la liste du parti travailliste.

En dehors d’avoir montré sa détermination à libérer son fils, que peut-il proposer aux électeurs ?

Est-ce moral de courir pour une élection en utilisant l’image de père du fils de la Nation ? « Si Gilad n’avait pas été kidnappé, je n’aurai jamais envisagé d’entrer en politique », m’a-t-il confié.

Le public votera en connaissance de cause mais cette fois la presse ne lui fera pas de cadeaux…

Michaël Blum

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 20:00

A la veille des élections, chaque parti tente de s’attirer les voix du public sioniste religieux mais existe-t-il un vote sioniste religieux ?

Dans les années 90, le Parti National Religieux (PNR) qui faisait partie de toutes les coalitions depuis la création de l’Etat a commencé à perdre des voix, suite à de nombreuses dissidences internes.

Dans la Knesset actuelle, Bayit Hayehoudi (Foyer juif), le parti qui a succédé au PNR n’a que trois sièges et un portefeuille ministériel.

L’ancien conseiller de Binyamin Netanyahou (quand il était chef de l’opposition) et ancien directeur du Conseil de Yesha, représentant les habitants juifs de Judée-Samarie, Naftali Bennet mène depuis plusieurs mois une campagne agressive pour être élu à la tête du parti.

Selon lui, un parti sioniste religieux uni devrait permettre d’obtenir de nouveau une dizaine de sièges et jouer un véritable rôle dans la politique israélienne.

Pour appuyer ses dires, il a signé, avant même l’élection au poste de chef du parti, un accord avec le député Yaakov Katz (Katsele), du parti Union Nationale (plus à droite) pour renforcer cette union.

Malgré le fait que 50.000 personnes soient inscrites a parti Bayit Hayehoudi, ce qui constitue un mandat et demi, les chances de voir un parti sioniste religieux jouer un rôle important ans la prochaine coalition sont assez minces.

Explications :

-Ce public ne vote plus pour des partis religieux comme Bayit Hayehoudi mais préfère jouer de son influence auprès des grands partis, notamment le Likoud, qui présente sur sa liste plusieurs personnalités sionistes religieuses, comme le ministre de l’Information Yuli Edelstein, le président de la coalition Zeev Elkin ou la dynamique Tzipi Hotoveli.

De plus, l’entrisme du militant religieux d’extrême droite Moshé Feiglin au sein du Likoud a porté ses fruits, des milliers de gens votant Likoud avec l’espoir (vain ?) que le parti aura une ligne plus à droite.

-La signature d’un accord avec Katsele risque de faire perdre au parti un nombre important de voix modérées, ceux qui n’ont jamais quitté le parti mais refusent d’être assimilés à l’extrême-droite religieuse dont il est l’un des porte-parole.

Si les rabbins sont consultés dans le cadre du PNR, le parti fonctionne de manière démocratique avec des primaires alors qu’au parti de Katzele, ce sont les rabbins qui décident de la liste et du vote des députés, ce qui ne plait pas à tout le monde.

-Deux des quatre députés actuels du parti Union Nationale ont déjà annoncé qu’ils ne se présenteraient pas sur cette liste commune, refusant le diktat de Katzele et de ses rabbins.

Même si Michael Ben Ari et Arié Eldad ont peu de chances d’être réélus, leur public ne votera surement pas pour le parti de Bennet, considéré comme trop modéré.

-Une partie des sionistes religieux ne vote plus à droite mais privilégie un choix social et de nombreuses voix de ce courant se porteront sur le parti travailliste, dont la dirigeante Shelly Yehimovitch a su s’entourer de conseillers portant la kippa tricotée.

D’autres voteront Kadima ou Yesh Atid, deux partis centristes où les sionistes religieux sont également présents (le député Otniel Schneller à Kadima et le rabbin Shay Piron, ami intime de Yaïr Lapid, qui le soutient dans sa campagne)

-Enfin, une bonne partie du courant sioniste religieux choisit de voter pour les partis ultra-orthodoxes (Shas et Judaïsme de la Torah) jugeant que le PNR n’a pas fait suffisamment pour renforcer le caractère juif de l’Etat d’Israël.

En conclusion, Naftali Bennet, qui se présente comme le nouveau messie du sionisme religieux a encore beaucoup de travail à faire pour rendre à son parti, sa gloire d’antan…

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 22:31

La veille de Roch Hashana est le moment de faire des bilans, donc je vais partager avec vous quelques souvenirs de cette année 

 

Cette année, mon fils a terminé un an dans les rangs de Tsahal, soit un tiers de son temps et je trouve que ça ne va pas assez vite, par contre, ma fille est entrée en terminale et je trouve que ça va beaucoup trop vite…

Cette année, j’ai eu l’occasion de couvrir beaucoup d’évènements de l’actualité israélienne mais certains resteront dans ma mémoire, notamment la libération de Gilad Shalit et la tuerie de Toulouse.

Le sourire du jeune soldat de retour à la maison après 5 années de captivité et les corps des quatre victimes de Toulouse enveloppés d’un talit au cimetière de Givat Shaoul, sont les deux images fortes de mon année professionnelle.

Sur le plan familial, cette année m’a permis aussi de fêter à Jérusalem les 70 ans de mon père, de participer en France à la bar-mitsva d’un neveu, d’accueillir mon cousin qui a fait son Aliyah, de voir une grande partie de la famille venue en vacances en Israël ou lors de mon voyage en France et de me réjouir de l’élection au poste de grand-rabbin de Paris du cousin de mon père.

Sur le plan des rencontres, j’ai eu cette année, l’occasion de m’entretenir avec plusieurs personnalités françaises de passage en Israël, notamment Alain Finkelkriaut, Raphaël Enthoven, Charlotte Rampling, Sylvie Testud, Vincent Elbaz, Jean-Pierre Marielle et d’autres.

J’ai eu le privilège de co-organiser la soirée des anciens du mouvement de jeunesse Tikvatenou et l’hommage rendu à Eli Aziza zal., j’ai aussi co-organisé la visite de la tombe de Yossef à Naplouse avec près de 30 journalistes français, j’ai récité la prière El Maleh Rahamim, dans la Crypte du Souvenir à Yad Vashem pour le 70 e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, j’ai gagné mon pari sur l’élection de Daphna Poznanski comme députée de la 8e circonscription et je me suis réjoui de la victoire d’une de mes meilleures amies contre sa leucémie.

J’ai aussi déploré des disparitions, notamment celles de l’ancien Premier ministre Yitzhak Shamir, de Hanan Porat, ancien député et pionnier de la présence juive en Judée-Samarie, de Gilles Jacquier, journaliste et pote, tué en Syrie, de la cousine de mon père Nini Cohen, héroïne de la Résistance, du cousin de ma mère Serge Drukman, du grand rabbin Meyer Zini, d’Alex Klein et de Candice Cohen, morte sans avoir revu sa fille …

Et puis pour terminer sur une note plus gaie, j’ai dépassé les 1.300 amis sur Facebook  et 400 abonnés à ce blog, dont une bonne partie suit mon actualité et à qui je souhaite une excellente année 5773.

Shana Tova

 

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 10:14

Ce matin, deux millions d’élèves ont effectué la rentrée des classes en Israël mais les trois mineurs (12-13 ans) de Bat Ayin, arrêtés la veille par la police resteront en prison.

 

Les trois suspects sont accusés d’avoir jeté il y a deux semaines une bouteille incendiaire sur un taxi palestinien, blessant six personnes, dont deux grièvement.

Des enfants essayant de tuer une famille !

Bat Ayin est une implantation située dans le Gush Etzion (Judée-Cisjordanie) mais vivant selon des règles très différentes de celles de leurs voisins.

Ainsi, Bat Ayin, est la seule communauté de la région n’acceptant pas que des Palestiniens y travaillent. La population est constituée essentiellement de Baalé Techouva, de personnes ayant fait un retour à la foi et le taux de chômage y est plus élevé que dans les implantations voisine.

Mais la particularité de Bat Ayin est surtout sa mauvaise image car ce n’est pas la première fois que des terroristes juifs sont arrêtés à Bat Ayin, même si les fois précédentes, il s’agissait d’adultes.

En 2003, le réseau de Bat Ayin est démantelé quand trois habitants du village sont emprisonnés puis condamnés à de lourdes peines pour avoir essayé de déposer une bombe devant l’entrée d’une école arabe à Jérusalem.

Quel genre d’éducation les enfants de Bat Ayin reçoivent pour que trois d’entre eux pendant les congés scolaires ne trouvent pas de meilleure occupation que de tenter de tuer des Palestiniens ?

Des milliers de Palestiniens côtoient au quotidien les habitants du Gush Etzion, dans les implantations ou ils travaillent mais aussi au supermarché local, ou ils font leurs courses.

La cohabitation entre les deux populations est exemplaire, comparé à ce qui se passe en Samarie (nord de la Cisjordanie) ou autour de Hébron mais Bat Ayin, telle une verrue sur un corps sain, continue de lutter contre ce mode de vie.

A Bat Ayin, on enseigne la haine et le rejet de l’autre, on glorifie le terrorisme au nom d’une idéologie raciste.

Le Rav Yaakov Medan, directeur spirituel de la Yechiva d’Alon Shvout, voisine de Bat Ayin a écrit ce vendredi un texte appelant les éducateurs de la région à se mobiliser pour tenter de changer les mentalités.

« Pourra-t-on dire que nos mains n’ont pas versé ce sang, si nous ne faisons rien ? », a-t-il demandé.

Il ne suffit plus aux dirigeants du sionisme religieux de condamner ce genre d’actes, il est temps de tout faire pour les éviter à l’avenir.

Michaël Blum

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 20:51

Alors que le débat sur l’enrôlement des jeunes juifs ultra-orthodoxes fait rage en Israël, je voudrais poser quelques questions à ce public qui refuse de s’intégrer à la société israélienne

 

Voici d’abord quelques arguments entendus récemment par les Haredim pour ne pas servir dans Tsahal :

-« on ne peut pas renoncer à l’étude de la Torah ». Pourquoi mon fils et des milliers d’autres jeunes n’auraient pas aussi le droit de choisir cette voie ?

-« ceux qui étudient protègent par leur étude le peuple juif ». La preuve étant surement le fait que des milliers de jeunes juifs étudiaient la Torah en Europe de l’Est dans les années 40…

-« on ne peut pas être religieux et servir dans Tsahal ». Pourtant les sionistes religieux le font et aussi quelques centaines de haredim, sans compter qu’avec l’apport de milliers de jeunes religieux, la pratique de la torah serait encore plus facilitée au sein de l’armée

-« on ne peut pas interrompre l’étude de la Torah ». Et quand il faut mettre les  tefilines chaque matin ou accomplir un autre commandement de la Torah, ils peuvent arrêter d’étudier, pourquoi le fait de protéger le peuple juif n’est pas une mitsva pour les haredim ?

Je pourrai continuer longtemps mais je connais déjà les réponses à mes questions qui se résument à dire que si les « grands de la génération » disent que c’est interdit, comment pourrais-je penser autrement ?

Citer tous les grands maitres du judaïsme qui travaillaient et n’étudiaient pas la torah en vivant aux crochets des autres ne sert à rien, car « on ne peut pas comparer »…

Je ne suis pas en faveur d’un service obligatoire pour tous, d’ailleurs 40% des Israéliens non religieux ne font pas l’armée (contre 99% des orthodoxes), mais cette conception du monde qui veut que certains aident des droits sans devoirs, que certains peuvent mourir pour protéger le peuple juif alors que d‘autres sont dans les yechivot (inscrits au moins) afin d‘éviter de participer à cette mission que je considère comme sacrée me choque au plus haut point.

Cette semaine, j’ai parlé avec un des responsables de la Yechivat Hevron, l’une des institutions les plus renommée du monde haredi.

Cet homme m’a raconté qu’il avait fait des études pour apprendre un métier mais quand je lui ai demandé s’il avait fait l’armée, il m’a répondu « hass vechalom », qu’on peut traduire par « que dieu m’en préserve » .

Pourtant à l’entrée de cette yechiva qui touche par ailleurs des budgets de l’Etat, un vigile portant la kippa et armé dont la tache est d’assurer la sécurité de l’établissement, pourquoi la Yechiva n’engage pas un étudiant avec une bible au lieu de ce vigile ?

Peut-être tout simplement de crainte qu’il ne lise l’injonction de Moïse aux tribus de Dan et Reouven qui demandent à ne pas traverser le Jourdain afin de rester sur des terres propices au service divin (Nombres, 32, 1-6) : « Quoi ? Vos frères iraient au combat et vous demeureriez ici ? ».

Nous ne sommes pas des « pigeons » comme se qualifient les manifestants pour l’égalité des devoirs pour tout le monde car nous réalisons l’idéal du judaïsme, celui de conjuguer la participation active au monde tout en conservant les valeurs spirituelles de notre héritage.

Je ne peux que déplorer qu’une partie du monde juif ne le comprenne pas…

Michaël Blum

 

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