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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 01:57

Avant de partir dans quelques heures sur les lieux du crime ultime, je vous laisse quelques images de ma journée à Cracovie.

La visite de la synagogue du Remah (Rabbi Moché Isserless), le plus célèbre rabbin ayant vécu dans cette ville et dont la tombe recouverte de neige est objet de pèlerinages de juifs pieux du monde entier.

La maison d’Hélèna Rubinstein, transformée en hôtel pour touristes au coeur du quartier juif.

Le musée du judaïsme dans une synagogue désaffectée, comme si les Juifs ne pouvaient plus exister en Pologne ailleurs que dans un musée.

Des affiches annonçant un festival de musique klezmer comme à Safed sauf qu’ici tous les musiciens sont polonais et non-juifs.

L’arrivée des députés israéliens et cette phrase de Nahman Shay (Kadima) qui affirme devant 150 parlementaires européens que « la création de l’Etat d’Israël a permis que plus jamais des juifs n’aient à vivre ce que le peuple juif a subi il y a 65 ans ».

La vice-présidente du Bundestag (parlement allemand), Petra Pau, qui dans sa langue (pas facile à entendre dans ce contexte) déclare que « la mémoire ne suffit pas, il faut agir pour empêcher le monde de retomber dans ce genre de folie ».

Un sénateur russe, entouré de huit gardes du corps, qui veut absolument me convaincre qu’il possède un document inédit venant directement d’Auschwitz et qu’il a trouvé dans les archives de l’armée rouge, il y a quelques semaines.(je vérifie, je vous tiendrai au courant)

Je précise que vu les hommes armés qui l’entouraient, je ne l’ai pas contredit bien que selon mes sources, son histoire serait une invention.

La prière de Maariv (prière du soir) dans le lobby de l’hôtel avec Haïm Oron (dirigeant de Meretz) venu compléter le minyan (quorum nécessaire pour la prière en commun).

Et puis, après le symposium de trois heures sur le thème « Se souvenir du passé pour construire le futur », le dîner de gala pour 200 personnes dont une vingtaine d’Israéliens.

A ma table, une habitante d’Ofra (Samarie), traductrice pour la Knesset, dont le père, déporté à Auschwitz a survécu grâce à sa voix et est devenu hazan en France après guerre, un député turc, ancien chef de la diplomatie de son pays et d’une gentillesse extrême, un député de Macédoine et une de Bosnie-Herzégovine (12 points chuchote une israélienne en entendant les noms des pays de nos voisins de table), un arabe israélien qui est le bras droit du directeur de la Knesset, un député de Shass et un habad local…

Le plus amusant est la distribution des repas cacher : ceux qui mangent cacher reçoivent des assiettes spéciales mais les serveurs polonais ont un peu de mal à discerner qui mange cacher et les assiettes tournent autour des tables sous le regard inquiet du député de Shass à qui le serveur propose pour la cinquième fois du canard fait maison.

Dernière image de la journée, des affiches sur un panneau en face de l’hôtel offrant une récompense de 10.000 euros à qui arrêtera Ehud Barak et Tzipi Livni pour crimes de guerre.

Avant de rentrer dans nos chambres, un responsable prend le micro et annonce « Shuttles for Auschwitz at 7 a.m.,  dont’ be late »…

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:40

L’odeur du bacon à 8h du matin m’ayant fait fuir la salle à manger de l’hôtel, j’ai mangé le petit déjeuner cacher du Beit Chabad, composé d’un bout de pain, de deux tranches de concombre et de …tehina.

Affrontant le froid, je me rends dans un supermarché pour acheter des piles, opération qui s’avère plus difficile que je le croyais, aucun des employés de ce magasin ne parlant le moindre mot d’anglais.

En page 2 des quotidiens locaux, la déclaration d’un cardinal polonais qui parle de la souffrance des palestiniens et reproche aux Juifs d’avoir inventé le terme de Shoah pour se différencier des autres peuples.

Quel toupet ces juifs ! Non seulement ils se font tuer mais en plus ils voudraient qu’on reconnaisse leur génocide comme quelque chose de particulier !

Mon guide me raconte que plusieurs célébrités ont vécu à Cracovie, notamment l’astronome Nicolas Copernic, le pape Jean Paul II et le Juste des nations, Oskar Schindler.

Coté juif, de nombreux rabbins prestigieux ont vécu dans la ville, comme le Rema  (Rabbi Moché Isserless) dont on peut visiter la synagogue et se recueillir sur sa tombe mais aussi des kabbalistes, des rabbins hassidim et même des dirigeants sionistes du début du siècle précédent.

On évalue à 60.000 le nombre de juifs vivants en 1939 à Cracovie, soit 25% de la population locale, pour 250 aujourd’hui.

Les députés israéliens doivent arriver pour le repas de midi, les premiers parlementaires européens sont en train d’arriver de 29 destinations différentes.

Il fait de plus en plus chaud ici (-11), la neige va peut-être retomber demain.

Je pars visiter le palais des Rois de Pologne dont le célèbre Casimir (enfin, Kazimierz), une vedette locale qui avait accueilli la population juive quand elle a été chassée de Cracovie au 14éme siècle. 

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 17:53

Invité à couvrir la rencontre entre 200 députés européens et 15 de leurs homologues israéliens à Auschwitz, à l’occasion du 65éme anniversaire de la libération des camps, je suis parti lundi matin en Pologne pour la première fois de ma vie. 

Mon grand-père Zeev Magnichewer dont je porte le prénom né en 1900 dans un village de Pologne avait quitté assez jeune son pays natal pour, après bien des déboires, s’installer en France et obtenir la nationalité française.

Son appartenance à la « nation française » ne lui pas évité l’arrestation par des gendarmes français qui l’ont envoyé à Auschwitz par le convoi 35, qui a quitté la France le 21 septembre 1942 pour la Pologne.

Sur les 1.007 partants dont 163 enfants, 23 personnes ont survécu à l’enfer d’Auschwitz, destination de ce convoi.

Parmi eux mon grand-père, horloger de son état, revenu miraculeusement de l’enfer.

Affaibli par les privations et les mauvais traitements, il quitte ce monde en 1954, laissant une veuve éplorée et deux orphelins, ma mère zal et mon oncle.

Quand j’ai appris son histoire avec le peu de détails connus sur la manière dont il avait traversé les épreuves, j’avais peut-être dix ans.

Depuis, je n’ai cessé de m’intéresser à la Shoah, regardant des films, lisant des livres et plus tard devenu journaliste, écrivant sur le sujet dès que j’en avais l’occasion.

Aujourd’hui, à la veille de ma première visite sur les lieux de son supplice, j’espère pouvoir me rapprocher de lui, de son histoire, de mon histoire, de l’histoire de mon peuple.

 

J’ai décidé donc dans un premier temps de raconter ce voyage en direct sur mon blog, pour mes quelques lecteurs mais surtout pour moi, afin de laisser une trace de ce périple.

Je suis parti avec un guide israélien d’origine polonaise, kibboutznik et spécialiste des visites en Pologne et un journaliste de Yediot Aharonot, dont le grand-père a également été déporté à Auschwitz.

Ayant reçu tard nos billets, nous n’avons pas de places pour le vol direct vers la Pologne et devons faire une escale à Vienne.

Le voyage commence bien, nous n’avons pas encore quitté le sol israélien, qu’on nous demande en allemand de suivre des instructions…

Départ à l’heure précise comme on pouvait s’y attendre avec une compagnie allemande.

Dans l’avion, je relis les souvenirs de Noah Klieger, rescapé d’Auschwitz et doyen des journalistes de Yediot.

Son livre est une suite d’anecdotes plus terribles les unes que les autres sur son expérience de survie mais c’est avant tout l’un des documents les plus réalistes sur la vie à Auschwitz que j’ai lu dans ma vie.

A-t-il rencontré mon grand-père ? Ont-ils porté ensemble ces sacs de ciment de 50 kilos chacun ? Ont-ils vu mourir les mêmes personnes, terrassées par le travail, la faim et le froid ? Toutes ces questions me hantent et je cherche dans son texte une allusion à mon grand-père comme si ça pouvait lui redonner une existence.

Arrivés à Vienne, nous avons deux heures avant la correspondance et nous négocions avec un chauffeur de taxi turc, un aller-retour de l’aéroport vers le centre ville.

Dans un anglais hésitant, ce jeune immigré nous vante les qualités de « sa ville » essayant de nous arracher encore quelques euros.

Nous décidons d’un commun accord de lui laisser un pourboire et nous refusons qu’il s’asseye plus bas que nous comme c’est la coutume quand des israéliens rencontrent des turcs ces derniers temps…

Vienne, ville d’où venait ma grand-mère et dont j’ai rêvé une partie de mon adolescence…

Zweig, Schnitzler, Freud, Herzl, tant de noms glorieux de l’histoire juive qui ont vécu dans la capitale autrichienne et puis en me promenant dans ses rues, je me rappelle que ce pays est aussi celui d’Hitler et d’Eichmann.

Nous allons boire un chocolat dans un café viennois typique, avec des viennoiseries, des sacher torte et des chocolats dans la vitrine.

Bitte, Danke Shoen, Auf Wiedersien…la langue maternelle de ma mère mais aussi celle des assassins de notre peuple.

Les notes de « La marche de Radetsky » retentissent dans le café, un  vrai cliché pour les touristes, mais il faut repartir pour Cracovie.

C’est un minuscule avion à hélices qui en moins d’une heure nous emmène en Pologne, toujours avec une compagnie allemande

Emmenés en Pologne par des allemands, ça laisse un goût amer mais le voyage se déroule sans incidents malgré la météo.

Cracovie recouvert de neige, une jeune polonaise souriante nous accueille et nous conduit vers notre destination.

Quand je la questionne sur la météo, elle me rassure : « Hier, il faisait -25 mais aujourd’hui le temps se réchauffe, il fait seulement -15… ».

J’ai du mal à la croire, j’ai le sentiment qu’il fait -40…(« Attends d’être à Auschwitz pour te plaindre», me conseille notre guide).

Vingt minutes plus tard, nous sommes à l’hôtel à deux pas de la vieille ville et une heure après avoir atterri nous recevons des repas cacher du restaurant local amenés par un jeune juif orthodoxe parlant hébreu.

Notre guide nous suggère de ne pas nous promener avec la kippa sur la tête mais la question réelle est qu’à moins 15 degrés au soleil (car il fait beau), qui a vraiment envie de se promener ?

Demain, la délégation israélienne doit arriver puis les parlementaires européens venus de 42 pays différents.

Au programme, visite de l’ancien quartier juif de la ville puis un symposium sur l’antisémitisme et un dîner de gala.

Et puis mercredi, Auschwitz…

  

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 14:19

Pinhas Wallerstein, directeur général de Yesha a démissionné de son poste publiant une lettre où il dénonce notamment le silence de ses pairs face à une radicalisation au sein de la population juive de Judée-Samarie.

Après avoir été critiqué pour ses prises de position légalistes lors des manifestations au sein de l’armée de soldats ayant brandi des banderoles politiques, Pinhas Wallerstein a décidé de jeter l’éponge et de quitter ses fonctions après 35 ans d’activisme au sein de la direction de Yesha.

"Il est interdit de permettre à des soldats en uniforme de porter atteinte à une armée sacrée, quand bien même il faut faire en sorte que les soldats ne soient pas affectés à des tâches politiques », explique-t-il dans cette lettre.

Il reproche également à ses collègues de ne pas avoir dénoncé à la politique dite du "prix à payer", à savoir les actions de représailles systématiques de juifs contre des palestiniens, quand l’armée évacue des structures illégales et les attaques verbales contre les dirigeants israéliens.

Lors des dernières élections, Pinhas Wallerstein avait publié un article dans lequel il expliquait pourquoi il comptait voter pour Habyit Hayehoudi (Foyer juif), le parti nationaliste religieux qui avait succédé au défunt PNR (Mafdal).

Dans ce texte, il s’en prenait à certains de ses collègues de la direction de Yesha leur reprochant de s’éloigner du peuple et de pousser à la division au sein du sionisme religieux.

Yaakov Katz (Katzele) et Ouri Ariel qui avaient travaillé avec Pinhas Wallerstein pendant des années, ont choisi de se présenter sur la liste d’Union nationale (Ihoud Leoumi), refusant de s’unir sur une liste commune avec Habayit Hayehoudi, en arguant d’arguments idéologiques.

Katzele avait promis qu’il serait ministre et que son parti serait dans la coalition de Netanyahou mais le chef du Likoud ne l’a pas calculé et Ihoud Leoumi siège sur les bancs de l’opposition aux cotés de Meretz et des partis arabes.

Habayit Hayehoudi, avec ses trois mandats n’a obtenu qu’un portefeuille ministériel, on est en droit de se demander combien le parti en aurait reçu si la liste de Katzele s’était jointe à eux, obtenant à coup sur au moins 8 sièges parlementaires, soit trois portefeuilles ministériels.

Katzele et ses amis les extrémistes ont réussi à faire quitter Pinhas Wallerstein de son poste de directeur de Yesha par leurs menaces, leurs appels permanents au combat contre les autorités et leur intransigeance.

Pour Wallerstein, les principes du Rav Kook qui ont été ceux qui ont accompagné la création du Gush Emounim dans les années 70 ont été bafoués par ces extrémistes, qui se disent disciples du Rav Kook.

Le départ de Wallerstein est une victoire pour les radicaux, espérons que ce soit leur dernière avant qu’ils ne détruisent plus ce qui a été construit pendant des années, par les véritables disciples du Rav Kook.  
Le parti de Katzele devrait s’appeler Désunion Nationale, il correspondrait mieux à ses objectifs…

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 13:02

Peut-on être à la fois juif et chrétien ? La question a déjà été posée dans le passé, notamment lors de la polémique autour du cardinal Lustiger, qui affirmait son identité juive tout en étant un des dignitaires de l’Eglise catholique.

La question que je voudrais poser est légèrement différente et concerne le soutien à Israël de chrétiens sionistes.

Des millions de dollars arrivent chaque année à des associations caritatives israéliennes en provenance d’organisations chrétiennes, surtout américaines qui se revendiquent à la fois amis d’Israël et évangélistes.

Le géopolitologue français Frédéric Encel a publié un texte expliquant les motivations réelles de ces chrétiens sionistes dont je vous livre un extrait :. « …les évangélistes inscrivent les Juifs en tant que peuple dans un schéma eschatologique lié à la Parousie, le retour du Christ-Roi, et à l’avènement des temps messianiques qu’il s’agit de hâter en encourageant le retour en Terre sainte de tous les « fils de Dieu » exilés ».

Faut-il accepter cet argent et l’aide de gens qui à long terme veulent la disparition du peuple juif pour l’avènement de leur messie, en l’occurrence Jésus-Christ ?

Le webmaster du site de l’UPJF (Union des patrons juifs de France), Menahem Macina vient d’être renvoyé par son employeur pour des raisons liés à une autre polémique que je ne développerai pas ici et qui ne fait pas honneur à l’UPJF.

Dès son renvoi, M. Macina a reçu le soutien de sionistes purs et durs, qui ont insisté sur sa contribution important à la hasbara israélienne au fil des années.

Ce retraité qui vit en Belgique a en effet pris la défense d’Israël sur de nombreux sites depuis des années.

Il se trouve que  Menahem Macina affirme être à la fois juif et chrétien, juif par conversion en 1977 en Israël et chrétien par la foi.

Voici comment il se présente lui-même sur la toile :

« Je prône également la nécessité pour les croyants, d’avoir une conscience aiguë du surgissement, toujours imminent, de l’apostasie prophétisée par Paul, et de la manifestation dévastatrice d e l’Antichrist, que combattra Elie, et qui sera défait avant que ne vienne enfin le Christ glorieux qui régnera avec les élus à Jérusalem ».

Alors, je me tourne vers mes amis sionistes religieux (qui ne feront pas partie des élus de M. Macina) et je leur pose la question : Faut il soutenir tous les défenseurs d’Israël ?

 

 

 

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 17:42

C’est ce que m’a déclaré récemment un responsable de l’Alyah des juifs de France pour expliquer la stagnation dans le nombre de nouveaux immigrants de l’Hexagone ces dernières années.

Le directeur général de l’Agence juive, Elie Cohen a affirmé de son coté que le chiffre total des Olim de France était en hausse de 2% par rapport à l’année dernière, soit 30 personnes de plus qu’en 2008…

1.909 juifs de France se sont installés en Israël en 2009, quarante ans après l’année record de l’Alyah de France quand en 1969, plus de 5.200 personnes avaient fait leur Alyah.

L’université de Bar Ilan a accueilli cette semaine un colloque consacré aux 40 ans de l’Alyah de France, avec une série d’interventions d’Olim  prestigieux, notamment le Rav Dr  Eliahou Zini du Technion, le Pr Benno Gross et le Pr Azaria Rein, tous les trois arrivés il y a 40 ans.

Les raisons pour lesquelles le chiffre de l’Alyah de France devrait être en hausse sont nombreuses : l’antisémitisme, la montée de l’islamisme, les campagnes anti-israéliennes suite à l’Opération Plomb durci,  la crise économique, le retour aux sources d’une partie de la communauté, une période de calme sécuritaire en Israël, alors comment expliquer que moins de 2.000 juifs de France par an font le choix de l’Alyah ?

Le rapport ambigu qu’Israël entretient avec la Diaspora est mis à l’épreuve par ces chiffres qui montrent clairement que la communauté juive de France se renforce et ne sent plus le besoin de partir en Israël pour affirmer son identité juive.

Des dizaines de milliers de juifs français passent leurs vacances en Israël malgré les prix élevés du séjour touristique en Terre sainte, des milliers de maisons ont été vendues à des français, les juifs de France aiment Israël mais ne veulent plus s’y installer.

Pour le sociologue Erick Cohen, spécialiste de cette communauté, il existe encore un réservoir de 20 à 40.000 juifs qui feront leur Alyah dans les prochaines années, mais pour d’autres connaisseurs de la question que j’ai interrogé, le réservoir en question est tout simplement vide…

Finalement, mon interlocuteur a peut-être raison, il fait bon être juif en France en ce moment, mais doit-on le déplorer ?

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 14:08



La polémique sur les conversions en Israël entre haredim et sionistes religieux n’en finit pas de faire couler de l’encre.

Les rabbins haredim  reprochent au rabbin Haïm Drukman, qui dirige les services de conversions au judaïsme au sein du bureau du Premier ministre, de ne pas être assez sévère sur les critères de conversion.

Bien que le sujet mérite de s’y attarder, je ne vais pas développer l’argumentaire des uns et des autres mais juste raconter les aventures d’un des principaux adversaires du rabbin Drukman.

Le rabbin Leib Tropper, qui vit aux Etats-Unis a fondé une association Eternal Jewish Family afin de convertir selon les critères du monde haredi et lutter contre la facilité avec laquelle selon lui et ses comparses, des non-juifs pouvaient devenir juifs « sans qu’ils soient vraiment respectueux des règles de la Torah ».

Or, la semaine dernière, le rabbin Tropper a démissionné de son poste de directeur de cette association, tout en restant le directeur de la Yechiva Kol Yaakov à Monsey.

Un enregistrement d’une conversation entre une candidate à la conversion et le « vénérable » rabbin a apparemment provoqué cette soudaine démission.

La pudeur ne m’autorisant pas à dévoiler sur ce blog le contenu intégral de cet échange, disponible sur Youtube, je n’en citerai qu’un extrait.

« Si tu acceptes de t’occuper de mes désirs, je m’occuperai des tiens et ton désir c’est de devenir juive », lui assure le rabbin Tropper.

Il lui propose également de partager ses « jeux » avec des amis à lui, de « jouer une scène de viol » et de poursuivre des conversations érotiques par téléphone.

La jeune femme qui l’a enregistré a affirmé vouloir poursuivre son processus de conversion.

« Ce n’est pas un rabbin pervers qui va m’empêcher de devenir juive » a-t-elle expliqué » à la presse américaine.

Je précise que le rabbin Tropper a été le principal orateur du Congrès mondial pour la protection de la famille juive qui s’est tenu en juin dernier à Jérusalem en présence de centaines de rabbins haredim du monde entier…  

Protection de la famille juive, avez-vous dit ?

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 16:48
Depuis que j'ai ouvert mon blog, je découvre presque chaque jour un autre blog écrit par des amis 
Bien qu'ayant mis quelques liens sur la page d'accueil de ce blog, je voudrai écrire quelques mots sur des blog amis:
http://bernardzanzouri.unblog.fr/
des textes polémiques, de l'humour, du talent, de la poésie parfois, le blog de Bernard, ami et complice

http://motsbulles.fr/blog/motsbulles/
je ne suis pas objectif, c'est une amie, mais on entendra encore parler d'elle, ses textes sont magnifiques

http://thomaszribo.over-blog.com/
il n'aime pas les blogs, encore moins ceux des journalistes qui racontent des anecdotes de tournage donc voici des anecdotes de tournage du grand journaliste Thomas Zribi 

http://nathalie-szerman.blog.lemonde.fr/
Les aventures de Charlotte à Jérusalem et des textes inspirés de l'excellent site Memri 

http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/
Gilles Paris, ancien correspondant du Monde en Israël écrit sur la région
je ne partage pas ses opinions mais c'est l'un des bons connaisseurs du sujet et en plus il écrit bien 

http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/
le blog de Pierre Lucat,  dont je ne partage pas toutes les idées mais qui est  incontestablement talentueux (je conseille aussi la lecture des livres de Paul Landau)

http://alainlegaret.blogspot.com/
les textes d'Alain Legaret à la plume acerbe 

http://necros.blum.over-blog.com/
mes nécros de cinéma et de personnalités juives pour les fans...  
 
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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 08:28

Le député Yaakov Katz, connu sous le nom de Katzele, a comparé les mesures gouvernementales contre la population de Judée-Samarie à celles imposées par le roi Antiochus aux juifs à l’époque des Hasmonéens.

« Sous la houlette de Netanyahou et Barak, des décrets horribles ont été pris contre les saints d’Israël, comme le gel de la construction et la tentative d’éteindre la voix de la Torah d’Israël …depuis Antiochus, le peuple juif n’a pas subi de telles mesures discriminatoires » a-t-il affirmé.

Rappel des faits : Netanyahou a imposé un moratoire de dix mois sur la construction en Judée-Samarie tout en promettant de permettre de nouveau la construction à la fin de cette période.

Le ministre de la Défense Ehud Barak a de son coté décidé de sortir la Yechiva de Har Bracha du Hesder, suite aux déclarations du rabbin Eliezer Melamed qui soutient l’insubordination des soldats en cas d’ordre contraires à ses directives.

Ces deux mesures gouvernementales ont provoqué la colère légitime d’une partie de la droite israélienne mais peut-on les comparer à celles imposées par le roi Antiochus ?

Sous le règne d’Antiochus, le Temple de Jérusalem est souillé par des sacrifices de porcs tandis que les juifs refusant de servir les dieux grecs sont pourchassés et tués.

Hommes, femmes et enfants sont massacrés par les soldats grecs quand ils s’obstinent à conserver leurs traditions.

Ainsi pour Katzele, Bibi et Antiochus sont assez proches et les Hasmonéens contemporains sont évidemment les gens qui votent pour Ihoud Leoumi, ce parti d’extrême droite qui a fait scission au sein du sionisme religieux avant les dernières élections et qui est resté dans l’opposition malgré les promesses du même Katz avant le scrutin.

Si déjà on évoque l’histoire juive, Katz me fait plutôt penser aux zélotes de l’époque de la destruction du second Temple qui luttaient contre leurs frères au risque de perdre la souveraineté sur la terre d’Israël convaincus que seul leur judaïsme était le véritable judaïsme et qui ont été condamnés par les maitres du Talmud pour leur intransigeance et leur violence.

Si Yaakov Katz, condamné par la justice dans le passé pour avoir menti sous serment devant la Cour suprême se veut le parangon de la morale juive, il a encore beaucoup de chemin à faire avant de donner des leçons à qui que ce soit.

Pour ceux qui ne le savent pas, Katz écrit des chansons à ses heures perdues, dommage qu’il n’y consacre pas plus de temps au lieu de distiller la haine au sein du peuple juif…

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 10:02

Quand Mohamed avait 7 ans, il a rencontré des juifs pour la première fois de sa vie.

La guerre des Six jours se termine et le gouvernement israélien autorise les enfants de Kfar Etsion dont les parents étaient morts dans les combats de 1948 de revenir construire leur kibboutz, à une encablure du village de Mohamed.

Les juifs, il en avait entendu parler, car son père, mokhtar de son village avait empêché que les derniers survivants de Revadim, un kibboutz socialiste voisin de Kfar Etzion soient tués en 1948 et les avait protégés avant qu’ils ne soient emmenés en captivité en Jordanie.

Mohamed a depuis succédé à son père à la tête du village de Khirbet Zakaria ou la population a largement augmenté depuis 1967.
Mohamed Ibrahim dirige la vie de plus de 650 habitants, répartis dans cinq sites au cœur du Gush Etzion.

Or depuis l’occupation israélienne, aucune autorisation de construire ne lui a été délivrée et les enfants du village s’entassent par 6 ou 7 dans chaque chambre.

Quand il demande de l’aide à l’Autorité palestinienne, on lui répond qu’il est en zone C contrôlée par Israël et que seule l’administration israélienne peut lui donner des permis de construire.

Coté israélien, l’armée lui rétorque qu’Israël ne délivre pas de permis de construire à a des Palestiniens, alors Mohamed a décidé de construire sans permis ce qui lui a valu des destructions immédiates.

Pourtant, la famille de Mohamed construit…

Depuis des années, les ouvriers qui construisent les localités juives du Gush Etzion sont membres de la famille de Mohamed et les relations de bon voisinage sont d’ailleurs assez bonnes.

Aucun membre des villages administrés par Mohamed n'a jamais été inquiété par les services de sécurité israéliens. Pas une pierre jetée pendant la première Intifada ni le moindre terroriste durant la seconde.
Dans presque chaque village du Gush Etzion, on peut trouver un Ibrahim qui est employé de la municipalité ou du Conseil régional.

Alors comment améliorer leurs conditions de vie ?

Le président du  Conseil régional du Gush Etzion, Shaoul Goldstein a demandé à plusieurs reprises l’autorisation de délivrer des permis de construction aux habitants de Khirbet Zacharia mais l’armée refuse arguant du prétexte que les maisons de la famille Ibrahim sont dispersées sur plusieurs collines or Mohamed refuse de déplacer des familles.

"Nous ne quitterons jamais nos terres", affirme Mohamed qui refuse même d'envoyer ses enfants à l'école dans les territoires de l’Autonomie palestinienne car il ne veut pas "qu'ils apprennent la haine".
Devenir israélien n’est pas une option car il revendique fiérement le fait d'être palestinien et vit dans un territoire qui n’est pas annexé à Israël.

Quand on l’interroge sur le moratoire sur le gel de la construction chez ses voisins, Mohamed sourit, ce n’est pas ce gel qui va l’empêcher de continuer à construire les maisons de ses voisins, par contre pour ce qui est d’agrandir la sienne ou construire une école, le gel est toujours en vigueur…

 

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