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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 23:21

La presse israélienne et une partie de la classe politique ont vivement critiqué Barak pour avoir quitté le parti travailliste afin de rester dans la coalition.

Mais peut-on pour autant le qualifier d’opportuniste ?

 

Je n’ai jamais été un fan d’Ehud Barak,  je n’ai jamais voté pour le Parti travailliste et ses dernières manœuvres politiques ne le rendent pas plus sympathique à mes yeux.

Néanmoins, en entendant les critiques cette semaine contre lui, je me suis souvenu des précédents cas d’hommes politiques israéliens quittant leur parti pour en fonder un autre, au nom d’une certaine idéologie et la plupart du temps pour garder leur place au sein d’un gouvernement.

Tzipi Livni a évoqué « le pire cas d’opportunisme de l’histoire de la politique israélienne » ce qui m’arrache un sourire, quand on se souvient qu’elle a été nommée ministre des Affaires étrangères après avoir quitté son parti, le Likoud pour suivre Ariel Sharon dans l’aventure Kadima.

Kadima, c’est le parti qui a rassemblé des députés du Likoud et du Parti travailliste qui soutenaient Sharon dans un programme politique inverse de celui pour lequel il avait été élu.

Amir Peretz, a affirmé lors d’une conférence de presse qu’il restait au Parti travailliste afin de sauver ce qu’il en restait, après tout le mal qu’Ehud Barak avait fait à son parti, qu’il a quitté lui-même dans le passé pour créer Am Ehad, quand Barak en était devenu le chef.

En 1995, Rabin, avait réussi à convaincre deux députés du parti Tzomet de quitter leur parti et voter en faveur d’Oslo B, en échange d’un portefeuille ministériel pour Gonen Segev (actuellement en prison pour trafic de drogue) et d’un poste de vice-ministre pour Alex Goldfarb (toujours membre du Parti travailliste).

David Ben Gourion avait quitté le Mapaï avec Shimon Peres et Moché Dayan quand le pouvoir lui échappait et ainsi de suite, l’histoire de la politique israélienne est une histoire d’opportunistes.

Barak, chef du Parti travailliste était contesté en permanence par les députés de son parti. Invoquant l’échec des négociations, plusieurs ministres travaillistes avaient menacé de quitter la coalition, imputant au duo Bibi-Barak toute la responsabilité de l’absence de processus de paix avec les Palestiniens.

Quand Mahmoud Abbas refuse de parler avec Netanyahu car la construction se poursuit à Gilo, qui se souvient qu’il rencontrait Ehud Olmert toutes les semaines, alors que ce dernier continuait de construire au cœur de la Judée-Samarie ?

Tzipi Livni, qui se voyait déjà ministre afin de sauver la coalition après le départ des travaillistes s’est soudain vue priver d’avenir politique, devant rester au moins deux ans encore sur les bancs de l’opposition.

Alors, Barak, un vil opportuniste ? Surement, mais que ses adversaires politiques aient la décence de ne pas trop le critiquer, combien peuvent se vanter d’être restés fidèles au Parti et aux idées pour lesquelles ils ont été élus ?

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 11:04

L’Etat d’Israël multiplie les efforts pour améliorer son image à l’étranger mais cette semaine, Israël s’est mis la presse étrangère à dos. Explications.

 

Le mot Hasbara est rarement traduit de manière correcte : information, propagande, défense de la cause…

Il existe même un ministre chargé de la Hasbara, Yuli Edelstein, un proche du Premier ministre Netanyahou, dont la mission est d’améliorer l’image d’Israël à l’étranger.

Mission difficile quand il s’agit de lutter contre une machine de propagande palestinienne parfaitement huilée et surtout difficile quand ces derniers mois l’Etat d’Israël se trouve confronté à des situations délicates comme la flottille pour Gaza, des projets de loi qui sont considérés en Occident comme des lois racistes ou encore des bavures de Tsahal qui ont couté la vie à d’innocentes victimes du conflit.

Une fois par an, le Premier ministre invite tous les correspondants de la presse étrangère pour un cocktail de début d’année civile.

Netanyahou et Edelstein avaient choisi un des plus grands hôtels de la capitale pour cette soirée durant laquelle le Premier ministre adresse ses vœux à la presse étrangère et répond aux questions sur l’actualité.

Le Shin Bet (services de sécurité intérieure) est chargé de la sécurité de la soirée et chaque journaliste est invité à présenter ses papiers, passer par un portillon qui détecte les métaux et ouvrir son sac.

Cette année, le Shin Bet a décidé de faire du zèle demandant à certains journalistes de se déshabiller…

Une jeune femme, enceinte de surcroit, s’est vu demander de retirer son soutien-gorge car l’appareil de détecteur de métaux sonnait après qu’elle ait retiré sa chemise, un autre, photographe israélien, a du retirer son pantalon, et ainsi de suite, humiliations sur humiliations.

Je rappelle que les journalistes ne sont pas venus couvrir un événement politique mais ont été invités par le Premier ministre dans le cadre d’une campagne de Hasbara…

Les journalistes de la presse étrangère en Israël reçoivent des visas spéciaux qui leur permettent de vivre ici et de faire leur travail correctement.

Malgré leur carte de presse de l’Office gouvernemental de presse, qui est difficile à obtenir (des dizaines de journalistes ne l’ont pas obtenu), ils continuent d’être fouillés au corps lors de leurs entrées et sorties du pays et de subir parfois cette sorte d’humiliation.

Cet incident mineur est significatif car il montre à quel point, Israël, capable de gagner certaines batailles, peut en perdre si facilement sur le terrain de la Hasbara.

 

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 13:20

Malgré le verdict sans appel de la Cour, certains continuent de voir en Moché Katsav, une victime de préjugés racistes anti séfarades et d’un complot ashkénaze.

 

Les juifs d’origine orientale restent souvent victimes de discriminations en Israël, depuis qu’ils ont été mis dans des camps de tentes dans les années 50 jusqu’à nos jours.

L’élection en 2000 d’un président d’origine iranienne face à Shimon Peres avait été considérée par beaucoup comme la marque d’un changement des mentalités dans la société israélienne.

Moché Katzav était porteur d’espoirs, ceux des communautés qui vivaient depuis des années avec un sentiment de rejet de la part des élites ashkénazes du pays.

Durant les quatre années de la procédure judiciaire contre l’ancien président, on a pu entendre des voix s’élever contre son sort, mis au pilori par la presse avant le verdict, mais depuis jeudi, on ne peut plus défendre sa cause.

Reconnu coupable de viols, d’actes indécents et harcèlements sexuels sur plusieurs femmes et d’entrave à la justice, Moché Katzav devra vraisemblablement purger une longue peine de prison.

Ce n’est pas le premier dirigeant politique israélien qui séjournera en prison, il rejoindra l’ancien ministre des Finances Avraham Hirschzon, reconnu coupable de vol et l’ancien ministre de la Santé, Shlomo Benizri, qui est sous les verrous pour corruption aggravée.

Dans le passé, d’autres personnalités de la classe politique israélienne ont fait de la prison, notamment Arié Dery et Omri Sharon, mais aucun n’avait été accusé de faits aussi graves.

Ce n’est pas l’argent qui a tourné la tête de l’ancien président mais les femmes.

Comment peut-on encore croire à un complot contre lui, quand on sait que sept femmes différentes, qui ont subi ses agressions ont témoigné contre lui ?

Comment à la lecture du verdict, peut-on imaginer que c’est un coup monté contre lui ?

J’ai personnellement connu une des plaignantes, qui ne figure pas dans l’acte d’accusation, son témoignage était sans appel, Moché Katzav l’avait harcelé puis renvoyé de son travail quand elle s’est refusée à lui.

L’image d’Israël dans le monde qui n’était pas brillante en a encore pris un coup avec cette affaire, Berlusconi et ses orgies, passant pour un joyeux drille à coté de notre ancien président, auteur de crimes sexuels.

On a beaucoup parlé de racisme ces dernières semaines, comment ne pas noter que le juge qui rendu ce verdict est un Arabe chrétien, que si Katzav est d’origine orientale, tous ses avocats font partie de l’élite achkenaze du pays et que la majorité des plaignantes sont d’origine séfarade…

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:10

Après les lettres des rabbins et des femmes de rabbins, je propose que les enfants de rabbins dont je fais partie publient une lettre.

 

Nous, enfants de rabbins, avons décidé avec l’aide du Tout Puissant de nous tourner vers les rabbins et leurs épouses pour leur demander de cesser la publication de lettres suscitant l’opprobre du monde sur le judaïsme.

Aux rabbins, qui sans réfléchir aux conséquences de leurs déclarations, ont publié une lettre interdisant la location et vente de maisons à des non-juifs, nous demandons de se souvenir que l’injonction de la Torah d’aimer l’étranger qui réside parmi nous n’est pas caduque.

Aux femmes de rabbins, qui ont appelé les jeunes femmes juives à ne pas côtoyer d’Arabes, nous demandons de réfléchir à un meilleur moyen de lutter contre l’assimilation que de publier un texte aux relents de racisme.

Aux rabbins qui ont convaincu la famille du footballeur défunt Avi Cohen, de ne pas faire don des organes de leur disparu, contre l’avis du grand rabbin d’Israël Shlomo Amar, de cesser de parler au nom de la Torah.

Au rabbin qui a interdit d’allouer une salle d’un hôpital israélien pour les prières des musulmans comparant l’islam à un culte idolâtre, nous conseillons de (re)lire Maïmonide.

Au rabbins, qui continuent d’affirmer que l’ex président Katzav est blanc comme neige, de lire les témoignages de ses victimes et de rencontrer les dizaines de personnes qui ont côtoyé le condamné pour comprendre que leur appel à innocenter Katzav est une honte.

Je pense aussi qu’en tant qu’enfants de rabbins, on peut s’adresser à d’autres personnes comme le député Yaakov Katz (Katzele) qui a proposé d’engager des tireurs d’élite pour tuer les bédouins qui font passer illégalement des clandestins africains par l’Egypte en Israël, et lui demander d’arrêter de dire des conneries (et je pèse mes mots), on ne vit pas dans le Tiers Monde mais dans un état démocratique, même si ce mot lui est apparemment inconnu.

Aux journalistes qui comparent chaque ânerie publiée par des rabbins à l’idéologie nazie, de cesser de faire du populisme, on peut dénoncer des discours sans qu’ils soient automatiquement des copies de ceux de Goebbels.

D’autres sujets m’ont indigné ou amusé ces dernières semaines dans la presse locale, comme ce texte de Shlomo Licha, conseiller municipal de Raanana, qui dans Futé Magazine, consacré à la francophonie dans la politique israélienne, fait son propre éloge.

Son texte, est illustré par une photo de lui dans un supplément local de Yediot, qui le traite de raciste. Pour expliquer cette attaque contre lui, il se justifie et je cite : « j’avais en effet exprimé mon inquiétude face au nombre grandissant d’arabes qui déambulaient à Raanana ».

Maintenant qu’il est conseiller municipal, il va peut-être faire voter une loi contre les Arabes qui déambulent… Quelle honte, des Arabes qui non seulement veulent acheter nos maisons et prendre nos filles pour les emmener dans leurs villages mais qui déambulent dans nos rues…

Qui aurait imaginé qu’on puisse entendre de telles choses dans l’Etat juif et démocratique ??

Et pour finir, au maire de Nazareth Ilit, Shimon Gafsou (Israël Beteinou) qui a interdit aux chrétiens de sa ville (10% de la population) de mettre des sapins de Noël dans leurs magasins, je suggère de regarder ce qui se passe ailleurs pendant Hanouka, quand des Juifs allument des bougies sur les places des capitales dans le monde entier, alors que la population juive de la plupart de ces pays ne dépasse pas le 1%.

Bonne année !!

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 12:41

Invité à la fête de départ d’un collègue journaliste, j’ai passé une soirée à Ramallah, capitale de l’Autorité palestinienne.

 

Ramallah est le siège des institutions palestiniennes et accueille de nombreuses sociétés, de qui dépendent une grande partie de l’économie des territoires palestiniens.

Il n’y pas de gel de la construction en Cisjordanie, ni chez les colons, ni chez les Palestiniens, Ramallah est déformée par les travaux, notamment ceux du complexe gouvernemental, près de la Moukata.

Une amie palestinienne m’a fait remarquer que ce n’était que le complexe provisoire, en attendant que Jérusalem-est devienne la capitale de l’Etat palestinien mais vu l’ampleur des travaux, on peut imaginer que cette échéance n’est pas pour demain.

Je n’ai pas été contrôlé ni à l’entrée de la ville par des policiers palestiniens, ni à la sortie par des soldats israéliens et la soirée s’est déroulée de la même manière que d’autres soirées à Jérusalem ou Tel Aviv.

Un bar avec de l’alcool, de la musique américaine, des filles en mini-jupes, un épais nuage de fumée, beaucoup de bruit…

Seule note locale, les  murs du bar sont recouverts d’affiches pro-OLP datant des années 70, dont l’une représentant une colombe sur un fusil, avec l’inscription en français : « Pas de paix sans Palestiniens, pas de Palestiniens sans OLP ».

La dernière fois que je suis entré à Ramallah, en dehors de mon travail de journaliste, était il y a plus de 15 ans, avant que l’Autorité palestinienne en prenne le contrôle en 1995.

C’était une petite ville, qui ressemblait beaucoup à certaines villes arabes d’Israël, avec des quartiers pauvres et quelques belles villas, des magasins et des routes en très mauvais état.

Hier, j’ai découvert une ville moderne, vivante, occidentale, mais dont certaines rues portent le nom de « célébrités » locales, comme Yahia Ayache, organisateur d’attentats meurtriers contre des civils israéliens et tué par Israël en 1996.

Dans le parking du bar, la majorité des voitures avaient des plaques israéliennes, on ne peut qu’espérer qu’un jour, on puisse voir des plaques palestiniennes dans les parkings des villes israéliennes…

 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 21:22

Des centaines de rabbins ont signé un manifeste appelant leurs fidèles à ne pas vendre ni louer des maisons à des non-juifs, faut-il comprendre que la Torah est raciste ?

 

Après que le texte signé par d’éminents rabbins ait été publié, plusieurs personnalités rabbiniques de premier plan se sont élevées contre cet appel.

Les principaux arguments soulevés par les rabbins pour interdire de vendre une maison à un non-juif étaient les risques d’assimilation, la crainte que des non-juifs essaient de s’approprier la terre d’Israël et le risque que le prix des maisons du quartier baisse…

J’ai cru dans un premier temps que le texte était un faux, un Protocole des Sages de Sion moderne, destiné à faire passer les juifs pour des racistes, avides d’argent et confinés dans leurs ghettos, mais malheureusement, ce texte a en effet été signé par des rabbins sérieux.

Les condamnations n’ont pas tardé à venir, des députés arabes israéliens (qui pourtant n’ont pas grand-chose à nous apprendre en manière de sectarisme et racisme) puis de la gauche, du président de l’Etat, du Premier ministre Netanyahou et de Yad Vachem, qui dans un communiqué a rappelé quand ce genre de texte avait été à la mode…

Mais, j’ai surtout été rassuré par les critiques de membres importants du rabbinat.

Le grand rabbin de Ramat Gan, Yaakov Ariel, président de l’influent groupe Tsohar, qui regroupe des centaines de rabbins a dénoncé ce texte, qu’il a qualifié notamment « d’irresponsable », suivi par le rabbin Haïm Drukman, l’un des rabbins les plus importants du sionisme religieux.

Des rabbins ont retiré leur signature du document, le rabbin Shlomo Aviner a regretté publiquement d’avoir signé, les dirigeants du judaïsme orthodoxe (Rav Steinman et Rav Elyiachiv) ont condamné, la voix de la Torah s’est faite entendre autrement.

Mais le mal est fait, la presse internationale s’est emparée de cette histoire, une aubaine pour pouvoir dire du mal d’Israël.

Imaginez,  des centaines de rabbins affirment qu’il est interdit de louer une maison à un non-juif ! Dire qu’avec cet incendie, la communauté internationale avait pour un temps cessé de critiquer la politique d’Israël.

Sur le fond, je me pose d’autres questions, l’interdit est il valable pour des Druzes et Bédouins qui font l’armée ? Les familles des pompiers non-juifs morts pour sauver des vies sur le Carmel, ont-elles une chance de pouvoir acheter une maison ? Faut-il demander un acte de mariage des parents avant de louer sa maison ? A quand la lettre de rabbins d’Immanuel qui interdira de louer à des séfarades pour ne pas que le prix des maisons baisse ?  Ou celle des dirigeants de Shass, qui empêcheront de louer à des gens qui ne pratiquent pas assez à leur gout, de crainte que leurs enfants ne quittent le chemin de la Torah ?

Et puis pour ceux qui voudraient approfondir la question, un lien en hébreu sur la question : www.daat.ac.il/daat/kitveyet/niv/shugerman-1.htm

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 13:51

Des dizaines de morts, des milliers de personnes évacuées, des dégâts écologiques immenses et une petite phrase qui m’a réchauffé le cœur.

 

La région du Carmel était recouverte jeudi soir d’un immense nuage de fumée, la couleur rouge des flammes couvrait le ciel au dessus des villages d’Ein Hod et Nir Etzion, la cacophonie des sirènes de pompiers, des ambulances et des voitures de police, le tout donnant à la scène, une ambiance de guerre, avec comme seuls ennemis, le feu et le vent.

Les spécialistes vont tenter de trouver des coupables, les journalistes vont abuser de superlatifs, les politiques vont récolter des voix en se rendant au chevet des blessés et la communauté internationale cesse pour un moment de critiquer Israël, y compris la Turquie, qui a proposé son aide.

Je voulais juste vous faire partager un moment de grâce quand le maire de Fureidis, un village arabe proche de Ein Hod m’a expliqué qu’il avait ouvert les écoles de son village et rassemblé des provisions pour les familles évacuées.

« C’est une catastrophe pour tout le peuple d’Israël. Nous venons dire à nos voisins que nous leur offrons notre aide, la cohabitation c’est dans les moments de bonheur et dans les situations de crise », dit cet élu, venu à l’entrée de Ein Hod, offrir ses services.

Pendant que certains ne voient que la moitié du verre vide, ou plutôt les budgets publics pour les pompiers plus qu’à moitié vides,  j’ai été touché par ce témoignage.

Parmi les gens évacués, j’ai rencontré des juifs, des arabes, des druzes, des jeunes et des vieux, des religieux et des laïcs, des riches et des pauvres.

J’ai vu des gens s’enfuir, le coffre plein, tandis que d’autres attendaient sur le bord de la route avec une petite valise ou un simple sac de voyage.

J’ai vu la peur dans les yeux de ceux qui craignent de perdre leur maison et aussi la détermination dans ceux des combattants du feu héroïques (bien entendu, c’est un cliché mais tellement vrai…).

On ne peut pas oublier que ce drame du feu se déroule pendant Hanouka, la fête des lumières et que les flammes symbolisant d’habitude la victoire d’Israël, avaient cette année le triste gout de la défaite.

  

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 11:25

J’avais déjà publié un post sur la presse francophone d’Israël, notamment la presse écrite mais la lecture de ces journaux, magazines et sites me faisant parfois sourire, j’ai décidé de vous faire partager ces moments.

De plus l’actualité israélienne souvent tragique me fait parfois bien marrer, alors je vous laisse juge.

 

La perle du mois, qu’il n’est nul besoin de commenter est l’étude du poète palestinien Al-Mutawakel Taha qui « démontre » que le Kotel n’a aucun passé juif.

La prochaine étude du poète sera consacrée à la Bible, un livre écrit par Mahomet…

Mais l’actualité israélienne nous a offert d’autres surprises comme les insultes des dirigeants de Shass contre le député Haïm Amsellem, sommé de démissionner du parti pour avoir osé dire qu’étudier la Torah à plein temps devrait être réservé à une élite et que les autres devraient travailler pour gagner leur vie.

« C’est un voleur de mandat », aurait affirmé le Rav Ovadia Yossef, dirigeant spirituel du parti, dont quatre anciens députés ont fait de la prison, certains pour vol de deniers publics…

Autre information amusante, le rabbin Shmouël Eliahou, qui a interdit de louer des maisons à des Arabes dans sa ville de Safed, se défendant de racisme, en précisant qu’il avait interdit de louer à des non-juifs, pas à des Arabes.

Quand on sait que sa déclaration a provoqué des manifestations aux cris de « Mort aux arabes » contre les étudiants arabes (plus d’un millier) de l’Institut académique de la ville, on se demande pourquoi ils n’ont pas crié « Mort aux non-juifs », ce serait tellement moins raciste…

Lu dans Maariv: « La famille de l’ancien député Azmi Bishara (soupçonné de haute trahison au profit du Hezbollah, NDLR) menace de faire appel à la justice si sa retraite de député n’est plus versée ». Sans commentaires

Haaretz, le journal des gens qui pensent, publie plusieurs fois par semaine des textes d’opinion de Guidon Lévy, une des plumes les plus acerbes contre l’Etat d’Israël.

Ses idées ne me choquent plus, il faut s’y habituer, c’est souvent le même discours mais il m’a quand même surpris en écrivant que la loi sur le référendum en cas de retrait de territoires annexés par Israël était « antidémocratique ».

La démocratie selon Guidon Levy, c’est quand les gouvernements suivent le programme politique de Haaretz…

Une petite dernière, les habitants de Yitshar, une implantation de Samarie, dont les habitants sont fiers d’avoir lancé la politique du « prix à payer », soit le fait d’attaquer des innocents (palestiniens) quand l’armée détruit un avant-poste illégal, ont protesté contre le fait que la police les harcèle gratuitement.

De toute façon, dans un pays ou il fait 27 degrés fin novembre et ou le prix du kilo de tomates dépasse celui du poulet, plus rien ne m’étonne…

 

Un petit tour sur les sites francophones :

Israël 7 (ex Aroutz 7)

« Malgré son passé et son éducation, Yaakov Ahimeïr se distingue par son honnêteté intellectuelle et la volonté d’informer le public de la manière la plus objective qui soit, qualités de plus en plus rares dans les médias israéliens, gangrénés par les idées gauchistes voire post-sionistes » (Shraga Blum, 22 nov)

Je rappelle à l’auteur de ce texte que le père d’Ahimeïr a été l’un des dirigeants de l’Irgoun, donc pourquoi cette phrase insidieuse sur « son passé et son éducation » ?

Le titre de l’article était « Un journaliste honnête » suivi d’un « Et oui, ça existe ! », je souhaite à Israël 7 d’en trouver pour alimenter leur prose.

 

Guysen News :  Ce site dont la majeure partie des articles sont des reprises de dépêches d’agences n’a pas un seul article sur sa page d’accueil du 29 novembre consacré à Israël…mais dans le fil des news, une info intéressante affirmant qu’une des femmes accusant Ouri Bar Lev va dévoiler son identité jeudi, or il s’agit du jeudi précédent, ce qui a du échapper au rédacteur des infos de Guysen.    

 

Jerusalem Post

Tamir Fredo succèdera à Meïr Dagan (29 nov)

Quelques heures après la nomination de Tamir Pardo à la tête du Mossad…

Précisons que Reshet Bet l’avait appelé Fredo avant que sa mère ne téléphone pour corriger. 

 

Le Ptit hebdo

Dans son éditorial, Avraham Azoulay cite une jolie citation du philosophe Sénèque mais sait-il que Sénèque était un antisémite de la pire espèce, parlant des Juifs comme d’une « race détestable » ? 

 

Futé Magazine

Ce magazine propose les programmes de télévision de la semaine, louable entreprise, mais méfiez vous, pas de TV le vendredi et le samedi avant 1a sortie du shabat.

Si vous n’êtes pas pratiquant ou si vous avez le temps de regarder la TV le vendredi matin, tant pis pour vous…

 

Et puis une publicité amusante, Le Répertoire, annuaire des francophones d’Israël, annonce son édition 2011 avec une précision « annuaire des pages blanches des francophones vivants en Israël »

Comme je l’ai déjà démontré par le passé, l’édition 2010 contenant les anciennes coordonnées de dizaines de personnes décédées, certaines depuis plus de 15 ans, je crois que c’est une publicité mensongère, mais les morts vont-ils se plaindre ? 

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 18:43

Certains journaux titrent sur les allocations pour les Haredim faisant ainsi sortir les étudiants dans la rue, d’autres évoquent le taux de natalité galopant qui va transformer l’Etat d’Israël en état taliban, qu’en est il véritablement ?

 

Le mot Haredi vient de harada en hébreu qui signifie « crainte » ou « peur », les Haredim sont des « craignant Dieu ».

Depuis que le Hatam Sofer au 18e siècle a tranché que « le nouveau est interdit par la Torah », le monde juif orthodoxe s’est replié sur lui-même malgré la tentative des élèves du rabbin Samson Raphaël Hirsch de diffuser le courant d’orthodoxie moderne qu’il avait crée en réaction à la Haskala assimilationniste. 

Pour faire vite, on peut considérer qu’il existe aujourd’hui en Israël quatre courants Haredim, les lituaniens (Degel Hatorah), les hassidim (Agoudat Israël), les séfarades (Shass) et les Haredim nationalistes (Tekouma). S’ajoutent à ces quatre groupes représentés à la Knesset les Haredim antisionistes de la Eda Haredit et les membres de Chabad, un mouvement qui a ses propres règles, parfois très éloignées de celles du monde Haredi.

Si ces dernières années, on a pu assister à des manifestations géantes pour empêcher l’ouverture d’un parking le shabat, éviter la prison à une mère de famille suspectée de maltraitance où pour défendre la ségrégation religieuse à Imanuel, on peut également constater des changements fondamentaux dans la relation entre le monde Haredi et la société israélienne.

On évoque souvent le « chantage » exercé par les partis politiques religieux sur les différentes coalitions qui ressemble beaucoup au « chantage » des autres partis, on appelle ça en général des négociations mais pour les haredim, c’est du chantage !

La haine contre les Haredim dans ce pays atteint des niveaux rares, bien que le seul parti anti-haredi à s’être présenté aux dernières élections (Shinouy) n’ait pas réussi à entrer à la Knesset.

Je pense que la véritable crainte qu’ont les laïcs du monde Haredi ne vient pas de la tendance de ce monde à se refermer sur lui-même mais au contraire de son ouverture.

Certes, il existe des groupes militants pour des lignes de bus séparés, contre l’utilisation d’Internet et pour le rejet des valeurs modernes mais le monde Haredi se rapproche de plus en plus à la fois de la modernité et du sionisme.

Quelques exemples :

Le Nahal Haredi, une unité de l’armée composée de haredim (souvent issus de milieux sionistes religieux d’ailleurs), le projet Shahar Kahol qui permet d’engager des soldats Haredim comme techniciens de l’armée de l’air, la multiplication de sites haredim d’actualité dont certains de qualité, la création d’une Yechiva haredit qui prépare aux épreuves du bac à Beit Shemesh, le nombre croissant de centres d’études pour apprendre un métier et pas seulement réservés aux femmes (Mahon Haredi Leakhshara Miktsoït), la présence de députés orthodoxes dans des commissions parlementaires autres que celles concernant leur public uniquement (Environnement, Sciences et technologies…), les associations caritatives et sociales tournées vers tous publics comme Ezer Mitzion, Zaka, Yad Sarah…, la présence de journalistes haredim dans la presse générale comme Coby Arieli ou Sivan Rahav-Meïr, j’en passe et des meilleures.

Au lieu de stigmatiser toute une population en la mettant au ban de la société israélienne, il est temps d’apprendre à connaitre le monde Haredi.

Il ne faut pas avoir peur des Haredim, il faut apprendre à les aimer car ils ne sont pas si différents de nous.

Dernier point, les allocations prévues par le gouvernement ne sont pas prises sur un budget prévu pour les étudiants et concernent uniquement les chômeurs, pères de plus de trois enfants et vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Il s’agit d’une subvention de 700 shekels par mois…  

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 17:09

La parution du livre de Charles Enderlin et le 15e anniversaire de la mort de Rabin sont deux occasions rêvées pour les fans des complots de ressortir leurs théories.

Je voudrai proposer une nouvelle théorie reliant les deux.

 

Tout le monde sait que Charles Enderlin était proche de l’ancien Premier ministre Ytzhak Rabin (une photo de lui assis dans leur salon trône dans son bureau).

Les liens entre le correspondant de la chaîne publique française et la gauche en France sont connus aussi.

Alors que les sondages donnaient Rabin perdant pour les prochaines élections de 96, Enderlin avec l’aide de son ami l’industriel Jean Frydman, conseiller français du Premier ministre israélien met sur place un faux attentat pour relever les sondages.

Une tentative échouée d’attentat contre Rabin par un militant d’extrême droite aurait changé la donne pour les législatives et permis à Rabin de poursuivre le processus d’Oslo, bâillonnant définitivement les chances de la droite de revenir au pouvoir.

En 1959, François Mitterand avait été victime d’une fausse tentative d’attentat dans les Jardins de l’Observatoire et avait ainsi retrouvé la crédibilité politique dont il manquait à l’époque.

Les liens entre Mitterand et Frydman, sont connus, sans oublier que la belle-sœur d’Enderlin a été conseillère du président français.

Malheureusement pour les comploteurs, Ygal Amir a déjoué le plan prévu et a réussi à tuer Yitzhak Rabin.

L’homme qui devait filmer pour France 2 les images destinées à accuser la droite avait obtenu grâce à ses bonnes relations avec le Shin Beth, l’autorisation de se mettre sur le toit au dessus de la manifestation.

Vous avez compris, il s’agit de Talal Abou Rahmeh, l’homme de confiance de Charles Enderlin, qui a vendu ses images à un vidéaste israélien amateur, quelques jours après le meurtre.

De retour à Gaza, Talal Abou Rahmeh, déprimé de l’échec du complot organisé par son patron se confie à son ami Jamal Al-dura autour d’un café.

Les deux hommes qui se connaissent depuis longtemps, ils ont été soignés dans le passé dans le même hôpital israélien, voudraient venir en aide à leur ami Enderlin et décident d’organiser une nouvelle mise en scène destinée à empêcher la chute prévue d’Ehud Barak, qui vient de renter de Camp David les mains vides.

Nous sommes en septembre 2000, Ariel Sharon, qui a décidé d’embraser la région visite l’Esplanade des mosquées afin de lancer une Intifada persuadé qu’un confit avec les Palestiniens lui permettra enfin d’accéder au pouvoir dont il rêve depuis toujours.  

C’est l’occasion pour les deux hommes qui se rendent ensemble au carrefour de Netzarim de monter un petit film destiné à montrer au monde que l’armée israélienne se comporte mal.

Ariel Sharon veut accéder au pouvoir mais a déjà confié sous le sceau du secret à Charles Enderlin, interview qui sera publiée dans le prochain livre du journaliste (« Le rêve qui me les brise »), que dès qu’il sera au pouvoir, il entamera le retrait de la bande de Gaza.

Pour que le public israélien soit convaincu qu’il faut se retirer de Gaza, Sharon a besoin de violences à Gaza.

Talal s’engage à monter ces images et accompagné de dizaines de figurants, grassement payés par France 2, il met en scène des images d’affrontements, tous les photographes et caméraman présents ce jour là, acceptant de jouer le jeu, Talal leur ayant expliqué qu’il monte un film de fiction pour une chaîne américaine.

Malheureusement, un officier du Shin Beth, proche de Sharon et déguisé en journaliste palestinien était présent ce jour la à Netzarim pour vérifier que tout se passe bien avait décidé de trahir son maitre.

Dans sa caméra, X , l’homme du Shin Beth avait remplacé la batterie par des balles réelles et quand Talal filme la scène où Jamal et son fils Mohamed jouent à se faire tirer dessus, notre homme leur tire réellement dessus, tuant l’enfant et blessant le père.

Bon, je commence à fatiguer et je n’ai pas encore expliqué pourquoi Enderlin était à Dallas en 1963 et son lien avec les attentats du 11 septembre.

Un peu de sérieux !

Rabin a été tué par un extrémiste de droite portant la kippa, qui a avoué son crime.

Mohamed Al Dura a été tué à Netzarim lors d’un échange de tirs entre Palestiniens et soldats israéliens.

Il reste des questions sans réponses précises mais les théories du complot pour ces deux événements sont aussi plausibles que le texte que je viens d’écrire.

 

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