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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 08:28

Le député Yaakov Katz, connu sous le nom de Katzele, a comparé les mesures gouvernementales contre la population de Judée-Samarie à celles imposées par le roi Antiochus aux juifs à l’époque des Hasmonéens.

« Sous la houlette de Netanyahou et Barak, des décrets horribles ont été pris contre les saints d’Israël, comme le gel de la construction et la tentative d’éteindre la voix de la Torah d’Israël …depuis Antiochus, le peuple juif n’a pas subi de telles mesures discriminatoires » a-t-il affirmé.

Rappel des faits : Netanyahou a imposé un moratoire de dix mois sur la construction en Judée-Samarie tout en promettant de permettre de nouveau la construction à la fin de cette période.

Le ministre de la Défense Ehud Barak a de son coté décidé de sortir la Yechiva de Har Bracha du Hesder, suite aux déclarations du rabbin Eliezer Melamed qui soutient l’insubordination des soldats en cas d’ordre contraires à ses directives.

Ces deux mesures gouvernementales ont provoqué la colère légitime d’une partie de la droite israélienne mais peut-on les comparer à celles imposées par le roi Antiochus ?

Sous le règne d’Antiochus, le Temple de Jérusalem est souillé par des sacrifices de porcs tandis que les juifs refusant de servir les dieux grecs sont pourchassés et tués.

Hommes, femmes et enfants sont massacrés par les soldats grecs quand ils s’obstinent à conserver leurs traditions.

Ainsi pour Katzele, Bibi et Antiochus sont assez proches et les Hasmonéens contemporains sont évidemment les gens qui votent pour Ihoud Leoumi, ce parti d’extrême droite qui a fait scission au sein du sionisme religieux avant les dernières élections et qui est resté dans l’opposition malgré les promesses du même Katz avant le scrutin.

Si déjà on évoque l’histoire juive, Katz me fait plutôt penser aux zélotes de l’époque de la destruction du second Temple qui luttaient contre leurs frères au risque de perdre la souveraineté sur la terre d’Israël convaincus que seul leur judaïsme était le véritable judaïsme et qui ont été condamnés par les maitres du Talmud pour leur intransigeance et leur violence.

Si Yaakov Katz, condamné par la justice dans le passé pour avoir menti sous serment devant la Cour suprême se veut le parangon de la morale juive, il a encore beaucoup de chemin à faire avant de donner des leçons à qui que ce soit.

Pour ceux qui ne le savent pas, Katz écrit des chansons à ses heures perdues, dommage qu’il n’y consacre pas plus de temps au lieu de distiller la haine au sein du peuple juif…

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 10:02

Quand Mohamed avait 7 ans, il a rencontré des juifs pour la première fois de sa vie.

La guerre des Six jours se termine et le gouvernement israélien autorise les enfants de Kfar Etsion dont les parents étaient morts dans les combats de 1948 de revenir construire leur kibboutz, à une encablure du village de Mohamed.

Les juifs, il en avait entendu parler, car son père, mokhtar de son village avait empêché que les derniers survivants de Revadim, un kibboutz socialiste voisin de Kfar Etzion soient tués en 1948 et les avait protégés avant qu’ils ne soient emmenés en captivité en Jordanie.

Mohamed a depuis succédé à son père à la tête du village de Khirbet Zakaria ou la population a largement augmenté depuis 1967.
Mohamed Ibrahim dirige la vie de plus de 650 habitants, répartis dans cinq sites au cœur du Gush Etzion.

Or depuis l’occupation israélienne, aucune autorisation de construire ne lui a été délivrée et les enfants du village s’entassent par 6 ou 7 dans chaque chambre.

Quand il demande de l’aide à l’Autorité palestinienne, on lui répond qu’il est en zone C contrôlée par Israël et que seule l’administration israélienne peut lui donner des permis de construire.

Coté israélien, l’armée lui rétorque qu’Israël ne délivre pas de permis de construire à a des Palestiniens, alors Mohamed a décidé de construire sans permis ce qui lui a valu des destructions immédiates.

Pourtant, la famille de Mohamed construit…

Depuis des années, les ouvriers qui construisent les localités juives du Gush Etzion sont membres de la famille de Mohamed et les relations de bon voisinage sont d’ailleurs assez bonnes.

Aucun membre des villages administrés par Mohamed n'a jamais été inquiété par les services de sécurité israéliens. Pas une pierre jetée pendant la première Intifada ni le moindre terroriste durant la seconde.
Dans presque chaque village du Gush Etzion, on peut trouver un Ibrahim qui est employé de la municipalité ou du Conseil régional.

Alors comment améliorer leurs conditions de vie ?

Le président du  Conseil régional du Gush Etzion, Shaoul Goldstein a demandé à plusieurs reprises l’autorisation de délivrer des permis de construction aux habitants de Khirbet Zacharia mais l’armée refuse arguant du prétexte que les maisons de la famille Ibrahim sont dispersées sur plusieurs collines or Mohamed refuse de déplacer des familles.

"Nous ne quitterons jamais nos terres", affirme Mohamed qui refuse même d'envoyer ses enfants à l'école dans les territoires de l’Autonomie palestinienne car il ne veut pas "qu'ils apprennent la haine".
Devenir israélien n’est pas une option car il revendique fiérement le fait d'être palestinien et vit dans un territoire qui n’est pas annexé à Israël.

Quand on l’interroge sur le moratoire sur le gel de la construction chez ses voisins, Mohamed sourit, ce n’est pas ce gel qui va l’empêcher de continuer à construire les maisons de ses voisins, par contre pour ce qui est d’agrandir la sienne ou construire une école, le gel est toujours en vigueur…

 

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 22:58

La décision du Premier ministre Binyamin Netanyahou de geler la construction en Judée-Samarie (Cisjordanie) a été bien accueillie par l’administration américaine et la gauche israélienne.

Les Palestiniens, pas dupes, ont rejeté cette proposition arguant du fait que cette mesure ne les rapproche en rien de la création d’un état palestinien, ce qui est tout à fait exact.

Pourquoi le fait d’arrêter les nouveaux projets de construction pendant 10 mois (pourquoi 10 et pas 9 ou 13 d’ailleurs?) devrait faire avancer la cause de la paix ?

Des milliers de logements sont en construction, Barak a autorisé le lancement de 28 nouveaux projets d’édifices publics, qui croit que ces dix mois de gel partiel vont changer la donne dans la région ?

Et puis, il faut écouter la droite israélienne qui affirme à juste titre que si certaines implantations ne seront jamais sur la table des négociations, pourquoi arrêter d’y construire ?

Le Gush Etzion ou vivent 60.000 juifs pour 12.000 palestiniens ne sera jamais évacué, même les artisans de l’Initiative de Genève l’ont admis, alors pourquoi empêcher ses habitants d’agrandir leurs maisons ? (la construction d’un nouvel étage à une maison existante ne sera pas permise pendant les dix mois à venir).

Certains expliquent ce geste de Netanyahou comme un signe de bonne volonté envers les Américains, mais quelqu’un imagine vraiment que dans dix mois, le président Obama donnera son feu vert à la construction dans Yesha, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a jamais fait depuis 1967 ?

D’autres expliquent que ce geste va obliger les Palestiniens à revenir à la table des négociations, mais l’Autorité palestinienne a déjà rejeté cette idée.

Alors, pourquoi ce gel ? Peut-être pour prouver au monde qu’il n’y a aucune chance de parvenir à un accord avec les Palestiniens.

« Vous voyez » dira Netanyahou, « on a tout essayé, même le gel et pourtant ils refusent de négocier ».

Ce genre de cynisme politique, je dois avouer, me déplait profondément et j’aurai de loin préféré un gouvernement qui prend de véritables décisions courageuses plutôt que de se moquer à la fois des Américains, des Palestiniens et surtout des Israéliens qui au final ont voté pour Bibi et pas pour Obama.

Une dernière réflexion, Bibi devait rencontrer ce mardi les dirigeants de Yesha mais son médecin ne lui a pas permis, il a pris froid…

 

  

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 14:18
U.S. President (then Senator) Barack Obama with Avner Shalev in the Hall of Names 23/7/2008

Je viens de recevoir un mail m’invitant à couvrir la visite du président du Costa-Rica à Yad Vachem.

Le Dr. Oscar Rafael de Jesus Arias Sanchez  va comme tout invité officiel de l’Etat d’Israël faire un tour au mémorial de la Shoah, passage obligatoire organisé par les autorités israéliennes.

L’idée principale est apparemment de justifier l’existence de l’Etat d’Israël crée après la Shoah afin de servir de refuge aux juifs menacés de persécutions dans la diaspora.

La création de l’Etat d’Israël n’est pas une conséquence de la Shoah mais provient du rêve bimillénaire du peuple juif de revenir sur sa terre et des efforts du mouvement sioniste depuis le XIX éme siècle pour faire admettre ce droit à la communauté internationale.

Montrer au monde l’image de la Shoah comme justificatif de l’existence de l’Etat d’Israël est à mon avis une erreur stratégique.

Si le monde nous acceptait en diaspora, l’Etat d’Israël pourrait-t-il cesser d’exister ?

Pourquoi les invités officiels de l’Etat ne sont pas conviés à se rendre devant le Kotel, dernier vestige du Temple de Jérusalem, vers lequel les pensées des juifs du monde entier ont été tournées au fils des siècles ?

Pourquoi ne pas les amener à Tel Aviv, première ville hébraïque moderne, construite sur les dunes désertes de la Mer méditerranée pour accueillir les émigrés juifs d’Europe de l’Est puis du reste du monde ?

Pourquoi le peuple juif doit-il montrer les pires souvenirs de son histoire pour obtenir une reconnaissance de son Etat ?

Avons-nous vraiment besoin que les chefs d’état du monde entier rallument la flamme éternelle de Yad Vachem et versent une larme de circonstance devant les photos des camps de la mort ?

Si Israël ressent le besoin de se justifier d’exister, il faut mieux à mon avis, montrer aux représentants de la communauté internationale l’Israël moderne qui reste attaché à ses racines.

Une demi-journée passée entre la vieille ville de Jérusalem, le département de recherche de l’hôpital Hadassah et l’Université hébraïque de Jérusalem seraient sûrement bien plus parlants que la visite habituelle à Yad Vachem.  

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 09:56

Expérience étonnante de visiter pour la première fois le Mont du temple.

 

Invité par le rabbin Elbaum du Mouvement pour la reconstruction du Temple, je me suis rendu pour la première fois de ma vie sur le site le plus sacré du judaïsme.

Je dois préciser que je m’y suis rendu dans un cadre professionnel, dans le but de préparer un film documentaire sur ce lieu qui attise les passions.

Le rav Elbaum, un spécialiste, fait le guide et explique aux participants, tous juifs orthodoxes, l’histoire du site.

Je ne m’y étais jamais rendu car mes rabbins l’interdisent mais j’ai décidé que pour les besoins de ce film, je pouvais me reposer sur les avis rabbiniques nombreux qui autorisent de s’y rendre.

Durant toute la visite, des policiers israéliens nous ont accompagnés afin de vérifier que personne ne prie, car les juifs n’ont pas le droit de prier sur le Har Habayit…

Quelques insultes des musulmans présents (« allez au diable », « l’enfer vous attend ») ont égayé notre séjour  mais deux choses m’ont particulièrement marqué.

La première c’est que des enfants jouaient au foot sur l’esplanade, devant la mosquée El Aksa, ce qui m’a paru choquant.  

Quand on sait que lorsqu’un Premier ministre israélien ou n’importe quel juif se rend sur cette esplanade, le monde musulman se lève comme un seul homme contre ce « sacrilège », on est en droit de se demander pourquoi un match de football n’est pas un sacrilège du 3éme lieu le plus saint de l’islam, non ?

Vous imaginez des enfants jouer au foot devant le Kotel ? Ou devant le Vatican ?

Mais le plus amusant a été indéniablement l’un des participants de cette visite, un rabbin du Shomron, qui pour pouvoir se prosterner face au lieu ou se tenait le Temple, a fait semblant de tomber par terre à deux reprises, trompant ainsi la vigilance des policiers et du responsable du Wakf qui suivaient d’un œil inquiet cette excursion.

Les cheveux encore humides du mikvé dont il venait de sortir, les péot au vent, une immense kippa blanche tricotée sur son crâne, le rabbin A. se réjouit d’être « monté sur le Har Habayit ».

« Bientôt, on pourra apporter des sacrifices », ajoute-t-il l’air extatique, aveuglé par sa foi qui ne lui permet apparemment pas de voir comme le peuple juif est loin de la reconstruction du Temple à laquelle il appelle de ses vœux.

    

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