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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 20:00

A la veille des élections, chaque parti tente de s’attirer les voix du public sioniste religieux mais existe-t-il un vote sioniste religieux ?

Dans les années 90, le Parti National Religieux (PNR) qui faisait partie de toutes les coalitions depuis la création de l’Etat a commencé à perdre des voix, suite à de nombreuses dissidences internes.

Dans la Knesset actuelle, Bayit Hayehoudi (Foyer juif), le parti qui a succédé au PNR n’a que trois sièges et un portefeuille ministériel.

L’ancien conseiller de Binyamin Netanyahou (quand il était chef de l’opposition) et ancien directeur du Conseil de Yesha, représentant les habitants juifs de Judée-Samarie, Naftali Bennet mène depuis plusieurs mois une campagne agressive pour être élu à la tête du parti.

Selon lui, un parti sioniste religieux uni devrait permettre d’obtenir de nouveau une dizaine de sièges et jouer un véritable rôle dans la politique israélienne.

Pour appuyer ses dires, il a signé, avant même l’élection au poste de chef du parti, un accord avec le député Yaakov Katz (Katsele), du parti Union Nationale (plus à droite) pour renforcer cette union.

Malgré le fait que 50.000 personnes soient inscrites a parti Bayit Hayehoudi, ce qui constitue un mandat et demi, les chances de voir un parti sioniste religieux jouer un rôle important ans la prochaine coalition sont assez minces.

Explications :

-Ce public ne vote plus pour des partis religieux comme Bayit Hayehoudi mais préfère jouer de son influence auprès des grands partis, notamment le Likoud, qui présente sur sa liste plusieurs personnalités sionistes religieuses, comme le ministre de l’Information Yuli Edelstein, le président de la coalition Zeev Elkin ou la dynamique Tzipi Hotoveli.

De plus, l’entrisme du militant religieux d’extrême droite Moshé Feiglin au sein du Likoud a porté ses fruits, des milliers de gens votant Likoud avec l’espoir (vain ?) que le parti aura une ligne plus à droite.

-La signature d’un accord avec Katsele risque de faire perdre au parti un nombre important de voix modérées, ceux qui n’ont jamais quitté le parti mais refusent d’être assimilés à l’extrême-droite religieuse dont il est l’un des porte-parole.

Si les rabbins sont consultés dans le cadre du PNR, le parti fonctionne de manière démocratique avec des primaires alors qu’au parti de Katzele, ce sont les rabbins qui décident de la liste et du vote des députés, ce qui ne plait pas à tout le monde.

-Deux des quatre députés actuels du parti Union Nationale ont déjà annoncé qu’ils ne se présenteraient pas sur cette liste commune, refusant le diktat de Katzele et de ses rabbins.

Même si Michael Ben Ari et Arié Eldad ont peu de chances d’être réélus, leur public ne votera surement pas pour le parti de Bennet, considéré comme trop modéré.

-Une partie des sionistes religieux ne vote plus à droite mais privilégie un choix social et de nombreuses voix de ce courant se porteront sur le parti travailliste, dont la dirigeante Shelly Yehimovitch a su s’entourer de conseillers portant la kippa tricotée.

D’autres voteront Kadima ou Yesh Atid, deux partis centristes où les sionistes religieux sont également présents (le député Otniel Schneller à Kadima et le rabbin Shay Piron, ami intime de Yaïr Lapid, qui le soutient dans sa campagne)

-Enfin, une bonne partie du courant sioniste religieux choisit de voter pour les partis ultra-orthodoxes (Shas et Judaïsme de la Torah) jugeant que le PNR n’a pas fait suffisamment pour renforcer le caractère juif de l’Etat d’Israël.

En conclusion, Naftali Bennet, qui se présente comme le nouveau messie du sionisme religieux a encore beaucoup de travail à faire pour rendre à son parti, sa gloire d’antan…

 

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