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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 01:20

Un an après sa libération, Gilad Shalit, qui tente de reprendre une vie normale reste  une icône populaire en Israël mais l’entrée en politique de son père risque-t-elle de changer les choses ? 

J’ai couvert la campagne de Noam et Aviva Shalit pendant plus de cinq ans, ayant été le premier journaliste à interroger Noam à Mitzpé Hila, quelques heures après l’annonce tragique de la capture de son fils par des Palestiniens.

J’ai comme des dizaines d’autres journalistes répondu présent à tous les appels de la famille qui voulait communiquer et faire parler de leur fils dans le monde entier.

Je l’ai fait car c’est mon métier mais aussi comme être humain, touché par cette tragédie et espérant pendant toutes ces années de voir un jour ce jeune homme revenir vivant en Israël.

Le 18 octobre 2011,  j’étais à Mitzpe Hila et j’ai pleuré à l’unisson de tout un peuple quand Gilad est revenu en bonne santé au sein de sa famille.

Depuis, j’ai eu la chance de le rencontrer, de lui parler, de le voir sourire en vrai et non plus avec ce sourire figé des portraits affichés dans les rues du pays pendant plus de cinq longues années.

 

MICKA-02.jpg

 

Pendant tout ce temps, mettant de côté nos habitudes de journalistes, nous avons agi comme des amis de la famille en respectant toutes leurs demandes.

Nous n’avons pas à leur demande photographié la sœur de Gilad, ni sa grand-mère pourtant franco-israélienne, nous n’avons pas posé les questions gênantes que se posaient beaucoup d’Israéliens sur le prix à payer pour sa libération, nous n’avons pas dévoilé ce que nous savions et que nous continuons de garder pour nous sur la famille Shalit et pas un remerciement, pas l’ombre d’une quelconque gratitude.

Au nom de l’éthique journalistique, nous avons, à mon avis, failli à notre mission de journalistes en se mettant au service de cette cause et en bafouant parfois cette même éthique.   

Gilad Shalit refuse de donner des interviews sauf pour parler de sport, sa passion. Pourtant ce mercredi, la chaîne 10 de la télévision israélienne va diffuser un entretien avec l’ex-otage, qui selon son père n’est pas du gout de Gilad. Il aurait été piégé par des « amis » qui sous prétexte de tourner un film sur lui ont vendu les images de cet entretien à la télévision.

Je pense que Gilad Shalit aurait dû organiser une conférence de presse, dire merci aux journalistes de leurs efforts pendant ces cinq ans et expliquer qu’il ne se sentait pas prêt à raconter sa captivité.

Il a choisi de nous ignorer, c’est dommage mais comment en vouloir à un jeune homme de 26 ans qui sort de plus de cinq années de captivité ?

Par contre, son père qui a repris le cours normal de la vie aurait pu le faire. Dans trois mois, Noam Shalit va se présenter à la Knesset sur la liste du parti travailliste.

En dehors d’avoir montré sa détermination à libérer son fils, que peut-il proposer aux électeurs ?

Est-ce moral de courir pour une élection en utilisant l’image de père du fils de la Nation ? « Si Gilad n’avait pas été kidnappé, je n’aurai jamais envisagé d’entrer en politique », m’a-t-il confié.

Le public votera en connaissance de cause mais cette fois la presse ne lui fera pas de cadeaux…

Michaël Blum

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commentaires

anne rivka orliovsky 22/10/2012 10:41

c'est bien ce que vous avez fais!Gilad est un pauvre garcon qu'on ne pourra jamais juge et qu'il faut comprendre par contre son pere est L Ingratitude meme envers tout un peuple .

sarah 17/10/2012 19:30

Oups!!!!!!!!! Il manque un E à moralE!

Sarah 17/10/2012 15:19

Je lis beaucoup la presse et je trouve la question que vous posez vraiment intéressante.

Cela étant, je vous trouve un peu sévère avec…vous-même !

En effet, il me semble qu’il est tout à l’honneur de votre profession d’avoir pris fait et cause pour la famille SHALIT pendant l’épreuve, à la fois pour aider les parents et pour éviter toute
révélation qui aurait pu, d’une manière ou d’une autre, desservir Guilad.

Alors, il est certain que ce manque de distance avec le « sujet » ne peut que nuire à votre travail de journaliste mais il y a des circonstances où notre moral d’Homme prend le pas sur l’éthique
propre à notre métier…

D’ailleurs, en vous lisant, je pensais à un autre cas de conscience « journalistique »similaire : Marianne PEARL (veuve de Daniel PEARL) raconte dans son livre «un cœur invaincu » que la presse
israélienne n’avait pas, à la demande des parents du journaliste et alors que l’on ignorait encore qu’il avait été assassiné par ses ravisseurs, mentionné ses origines israéliennes.

Pour faire court, je ne crois pas qu’une presse démocratique puisse être totalement transparente et sans limite…

Quant à Noam SHALIT, la libération de son fils n’impose pas qu’il renonce à ses droits civiques, notamment celui de voter ou de faire de la politique, même si je suppose que la presse ne lui fera
pas ( et ne doit pas !) lui faire de cadeau !

Très bonne journée !

Sarah

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